La Banque africaine de développement (BAD) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) renforcent leur partenariat pour accélérer l’intégration régionale. Les deux institutions ont tenu, du 20 au 22 juillet 2026 à Libreville, une mission de dialogue technique consacrée à l’élaboration du Document de stratégie d’intégration régionale pour l’Afrique centrale (DSIR-AC) 2026-2031.
Cette nouvelle stratégie doit notamment s’aligner sur le Plan stratégique indicatif à moyen terme (PSIMT) 2026-2030 de la CEEAC et contribuer à renforcer les échanges, les infrastructures et les capacités régionales.
Deux priorités pour accélérer l’intégration
Les discussions ont permis de retenir deux domaines prioritaires : le développement d’infrastructures régionales résilientes et le renforcement du capital humain et des capacités institutionnelles des communautés économiques régionales.
Le futur DSIR-AC devra également accompagner la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en Afrique centrale. L’objectif est de faciliter la circulation des biens et des personnes, d’améliorer la connectivité entre les pays et de renforcer la compétitivité des économies de la sous-région.
Les participants ont notamment examiné les principaux axes du PSIMT 2026-2030, parmi lesquels l’intégration économique et commerciale, les infrastructures régionales, l’agriculture et l’agro-industrialisation, le développement humain et la gouvernance institutionnelle.
Une stratégie fondée sur les résultats de 2019-2025
La nouvelle stratégie s’appuiera également sur les enseignements du précédent DSIR-AC 2019-2025.
Entre 2019 et décembre 2025, le Groupe de la BAD a mobilisé 1,23 milliard de dollars pour 28 projets régionaux structurants en Afrique centrale. Ces financements ont notamment contribué au développement de corridors de transport multimodaux, d’interconnexions énergétiques et de dispositifs destinés à faciliter les échanges.
Cette expérience a toutefois mis en évidence plusieurs défis. Les deux institutions souhaitent notamment améliorer la sélectivité des projets, renforcer la mobilisation des cofinancements et améliorer la qualité des projets avant leur financement.
Le renforcement des capacités des cellules chargées de l’exécution des projets figure également parmi les priorités identifiées.
Des corridors économiques au cœur de la prochaine stratégie
La BAD et la CEEAC entendent désormais intensifier leur coopération autour de plusieurs projets structurants.
Il s’agit notamment de développer des corridors économiques régionaux multimodaux, des interconnexions énergétiques et des pôles industriels régionaux de transformation.
L’objectif est de créer davantage de connexions entre les économies d’Afrique centrale, de stimuler les échanges intrarégionaux et de favoriser l’émergence de chaînes de valeur régionales.
Cette orientation doit également permettre à la sous-région de mieux exploiter son potentiel agricole, industriel et énergétique, tout en renforçant son intégration au marché continental.
Une nouvelle gouvernance du partenariat BAD-CEEAC
À l’issue de la mission, les deux institutions ont convenu d’une feuille de route destinée à rendre leur collaboration plus régulière et plus opérationnelle.
Elle prévoit notamment la création d’un Comité technique conjoint CEEAC–Groupe de la BAD, ainsi que l’institutionnalisation d’un dialogue annuel de haut niveau.
La CEEAC devrait également être davantage associée à la préparation des projets multi-pays, tandis que les efforts seront intensifiés pour faire mûrir les projets régionaux avant leur présentation aux bailleurs.
Un portefeuille régional de 1,69 milliard de dollars
La coopération entre les deux institutions intervient alors que le portefeuille régional de la BAD en Afrique centrale continue de progresser.
Au 31 juillet 2026, ce portefeuille comptait 37 opérations, représentant un financement total de 1,69 milliard de dollars.
Avec le DSIR-AC 2026-2031, la BAD et la CEEAC veulent désormais mieux orienter ces financements vers des projets capables de produire un impact régional plus important.
L’enjeu sera donc de transformer cette coopération institutionnelle en investissements concrets capables de réduire les déficits d’infrastructures, faciliter les échanges et accélérer l’intégration économique de l’Afrique centrale.







