En marge de la 38e session ordinaire du Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie, les chefs d’État, de gouvernement et d’entreprise africains se sont réunis pour trouver des solutions de financement adaptées aux ambitions du continent. Le dialogue, placé sous le thème « L’Afrique à l’avant-garde : Mobiliser les investissements et les financements africains pour la mise en œuvre de l’Agenda 2063 », a mis en avant des stratégies pour assurer l’autonomie financière du continent.
Organisé par John Dramani Mahama, Président du Ghana et Leader des institutions financières de l’UA, en collaboration avec la Commission de l’Union africaine (CUA) et l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI), ce sommet a réaffirmé l’urgence pour l’Afrique de mobiliser ses propres ressources pour financer son développement.
Le Président Mahama a insisté sur l’importance de réduire la dépendance aux financements externes et de renforcer les investissements intra-africains. Il a plaidé pour une approche plus stratégique, favorisant les financements publics-privés et les mécanismes de financement endogènes.
Dr Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice générale de l’OMC, a identifié quatre axes majeurs pour transformer le financement du continent :
- Renforcer les institutions financières africaines en leur apportant plus de capital pour financer les projets de développement.
- Attirer des investissements directs étrangers (IDE) et réduire la dépendance à l’aide internationale.
- Mobiliser les ressources internes telles que les fonds de pension (250 milliards de dollars disponibles sur le continent), les marchés de capitaux et les obligations de la diaspora.
- Stimuler la croissance et le commerce intra-africain en ajoutant de la valeur aux produits africains et en facilitant la circulation des biens et services.
Le Professeur Benedict Oramah, Président d’Afreximbank, a mis en avant l’importance de la coopération entre les institutions financières africaines pour structurer des financements de grande ampleur. Il a insisté sur l’urgence de développer des infrastructures critiques, en donnant l’exemple du pont entre le Congo-Brazzaville et le Congo-Kinshasa qui nécessite seulement 500 millions de dollars ou encore du développement ferroviaire à travers l’Afrique.
Dr Monique Nsanzabaganwa, Vice-Présidente de la Commission de l’UA, a, quant à elle, appelé les investisseurs à croire au potentiel économique du continent.
Plusieurs annonces ont marqué cette rencontre :
- Un Fonds africain pour la transformation du commerce (ATTF) de 5 milliards de dollars, mis en place par Afreximbank, pour financer des projets innovants.
- Le Fonds catalytique de reconstitution des capitaux, lancé par Shelter Afrique Development Bank (ShafDB) pour combler le déficit en matière de logement et d’infrastructures urbaines, estimé à 1 300 milliards de dollars.
- Une contribution de 1 million de dollars au Fonds pour la paix de l’UA par Africa Re, ainsi qu’un engagement à reverser 2 % de ses bénéfices nets à des initiatives de développement.
- Le Fonds africain de solidarité (FAA) a établi deux lignes de garanties :
- 320 millions de dollars pour améliorer l’accès au crédit au logement
- 240 millions de dollars pour financer l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes.
- La BADEA a lancé un programme « Dette contre Fonds Propres », visant à capitaliser les institutions financières africaines avec des ressources du monde arabe.
Les chefs d’État et de gouvernement, notamment ceux du Nigeria, du Rwanda, de la Côte d’Ivoire, du Bénin et du Kenya, ont réaffirmé leur engagement à renforcer l’écosystème financier africain et à soutenir la croissance des institutions financières multilatérales africaines (AMFI).
L’événement s’est conclu par un appel à l’action de l’Union africaine, exhortant les gouvernements et le secteur privé à coopérer étroitement pour accélérer la mise en œuvre des projets d’infrastructures et d’industrialisation essentiels à la réalisation de l’Agenda 2063.







