Le groupe TotalEnergies a officiellement relancé, ce jeudi, son projet gazier dans le nord du Mozambique, après près de cinq années d’interruption. Baptisé Mozambique LNG, ce chantier d’envergure avait été suspendu à la suite d’une attaque djihadiste survenue en 2021 dans la province de Cabo Delgado, qui avait fait environ 800 morts et profondément déstabilisé la région.
Implanté dans une zone toujours exposée à des violences récurrentes, le projet constitue l’un des plus importants investissements énergétiques en Afrique. TotalEnergies a d’ailleurs sollicité auprès des autorités de Maputo une prolongation de dix ans de sa concession, soit bien au-delà de la durée du retard accumulé depuis l’arrêt des travaux.
Estimé à près de 20 milliards de dollars, Mozambique LNG repose sur l’exploitation de champs gaziers situés en eaux profondes, à environ 2 000 mètres sous la surface de l’océan. Le gaz extrait doit être transporté par un gazoduc sous-marin vers un vaste complexe industriel à terre, où il sera liquéfié avant d’être exporté vers les marchés internationaux.
La relance du projet intervient toutefois dans un contexte controversé. Plusieurs ONG environnementales dénoncent ce qu’elles qualifient de « bombe climatique », accusant l’initiative d’aggraver les émissions de gaz à effet de serre et d’être associée à de graves violations des droits humains, ainsi qu’à des crimes présumés contre des civils dans la région.
Sur le plan financier, les incertitudes demeurent. En décembre dernier, le Royaume-Uni a annulé un financement de 1,15 milliard de dollars initialement prévu en soutien au groupe français, jugeant l’investissement trop risqué en raison de la situation sécuritaire. Les Pays-Bas envisagent également de se retirer du projet, ce qui pourrait compliquer davantage son bouclage financier.
De son côté, le gouvernement mozambicain a salué la reprise des activités dans un communiqué officiel, affirmant être « capable de surmonter les défis et de restaurer la confiance des investisseurs nationaux et étrangers ». Pour Maputo, Mozambique LNG reste un levier stratégique pour stimuler la croissance, renforcer les recettes d’exportation et repositionner le pays comme un acteur majeur du gaz naturel en Afrique.



























