Guinée : la Banque mondiale et le gouvernement veulent accélérer l’exécution des projets financés
Le gouvernement guinéen et la Banque mondiale renforcent leur collaboration afin d’améliorer l’exécution des projets financés dans le pays. Le 4 juin 2026, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Cire Sylla, a présidé une réunion stratégique consacrée à l’évaluation du portefeuille de projets soutenus par l’institution financière internationale au titre de l’année fiscale couvrant la période de juin 2025 à juin 2026.
Cette rencontre a réuni les responsables de la Direction générale des investissements publics (DGIP), les coordonnateurs des unités de gestion des projets ainsi que le représentant résident de la Banque mondiale en Guinée, Issa Diaw.
Accélérer les décaissements et lever les blocages administratifs
Les échanges ont principalement porté sur l’état d’avancement des projets financés par la Banque mondiale et sur les difficultés qui ralentissent leur mise en œuvre.
Les participants ont examiné les principaux obstacles administratifs et opérationnels, notamment les lenteurs dans les procédures de passation des marchés publics, les retards dans le traitement des acquisitions et les difficultés liées aux circuits de validation des dossiers.
À l’issue des discussions, plusieurs engagements ont été pris pour fluidifier les procédures, accélérer les décaissements et renforcer la capacité d’absorption des ressources mobilisées.
Un portefeuille de plus de 1,27 milliard de dollars
À ce jour, le portefeuille actif de la Banque mondiale en Guinée représente une enveloppe globale de 1,274 milliard de dollars.
Ce portefeuille comprend :
- 12 projets actifs ;
- 8 projets nationaux ;
- 4 projets régionaux.
Les interventions couvrent des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, la santé, l’éducation, l’énergie, les infrastructures routières, l’eau, l’assainissement, les mines, la gouvernance publique et l’appui au secteur privé.
Trois nouveaux projets sont également en phase avancée de préparation :
- AgriConnect ;
- Initiative M300 Énergie ;
- SIRA Capital humain.
Simandou 2040 au cœur des discussions
Au-delà du suivi des projets en cours, les échanges ont porté sur la mise en œuvre du programme stratégique « Simandou 2040 », considéré comme le principal levier de transformation économique de la Guinée pour les prochaines décennies.
Les discussions ont notamment mis l’accent sur le développement des corridors de croissance liés au projet minier de Simandou ainsi que sur les opportunités de diversification économique qu’ils offrent.
Selon les experts de la Banque mondiale, la réussite de cette vision nécessite la mise en place de projets intégrés capables de générer une croissance durable et inclusive au profit de l’ensemble des populations guinéennes.
Une approche fondée sur la double équité
Les travaux ont également permis de souligner l’importance d’une approche basée sur deux principes majeurs :
- l’équité territoriale, à travers une redistribution transparente des ressources générées par Simandou vers les collectivités locales ;
- l’équité sociale, visant à renforcer la protection des ménages les plus vulnérables.
Dans cette perspective, les programmes d’appui à la gouvernance locale et les dispositifs de protection sociale existants devraient être renforcés afin de maximiser les retombées économiques et sociales du projet.
Les corridors économiques comme moteur de développement
La question des infrastructures de connectivité a également occupé une place importante dans les discussions.
Les experts de la Banque mondiale ont mis en avant le potentiel économique des corridors de croissance de Boké et de Simandou, considérés comme essentiels pour améliorer l’intégration économique nationale, faciliter les échanges et soutenir le développement des zones de production.
Un appel à plus d’efficacité dans l’exécution des projets
En clôturant les travaux, la ministre Mariama Cire Sylla a salué la qualité du partenariat entre la Guinée et la Banque mondiale tout en appelant les responsables des projets à accélérer les réformes et à améliorer les performances d’exécution.
Selon elle, les investissements mobilisés ne pourront produire un impact durable sur les conditions de vie des populations que si les retards administratifs sont réduits et si les projets sont exécutés avec davantage de célérité et d’efficacité.
Avec un portefeuille dépassant 1,27 milliard de dollars et la montée en puissance du programme Simandou 2040, la Guinée entend faire des investissements publics un moteur majeur de transformation économique, de création d’emplois et de développement territorial inclusif.







