Cameroun : une étape clé franchie pour le futur Plan national de zonage
Le Cameroun se rapproche de l’adoption de son futur Plan de zonage du territoire national. Réunis le 4 juin 2026 à Yaoundé, les principaux acteurs publics et privés ont procédé à l’examen et à la pré-validation du rapport final de ce document stratégique appelé à devenir un référentiel majeur pour l’aménagement du territoire et la gestion durable du foncier.
Présidé par Paul Tasong, l’atelier national a rassemblé les administrations publiques, les collectivités territoriales décentralisées, les organisations de la société civile, les partenaires internationaux ainsi que les représentants du secteur privé autour d’un objectif commun : doter le pays d’un cadre spatial cohérent pour orienter son développement.
Un outil stratégique pour organiser l’occupation du territoire
Le Plan de zonage du territoire national vise à définir les grandes orientations d’utilisation des terres à l’échelle du pays.
Son ambition est de mieux répartir les différentes activités économiques et sociales sur l’espace national tout en limitant les conflits liés aux usages concurrents du foncier.
À travers ce document, le gouvernement souhaite disposer d’un instrument de référence capable d’encadrer les décisions publiques et privées en matière d’investissement, d’urbanisation, d’agriculture, d’exploitation minière, de gestion forestière et de développement des infrastructures.
L’objectif est également de garantir une utilisation plus rationnelle et durable des ressources foncières, dans un contexte marqué par une pression croissante sur les terres.
Des documents structurants déjà finalisés
Les participants ont examiné plusieurs livrables majeurs élaborés dans le cadre de cette étude nationale.
Parmi eux figurent le rapport sur l’état de l’occupation du territoire national, le plan indicatif d’affectation des terres ainsi que le rapport final consolidé du projet.
Ces documents constituent les fondements du futur système de planification spatiale du Cameroun et permettront d’orienter les choix d’aménagement pour les prochaines décennies.
Ils offrent notamment une cartographie des différentes vocations du territoire et identifient les espaces destinés aux activités agricoles, forestières, minières, industrielles ou encore aux infrastructures de transport et d’énergie.
Prévenir les conflits fonciers et sécuriser les investissements
L’un des principaux enjeux du futur plan est de réduire les conflits liés à l’utilisation des terres.
Au Cameroun, les chevauchements entre activités agricoles, exploitations forestières, permis miniers, projets d’infrastructures et occupations traditionnelles constituent régulièrement des sources de tensions.
Le gouvernement entend ainsi renforcer la sécurité foncière et améliorer la visibilité des investisseurs grâce à une meilleure planification de l’utilisation des espaces.
Cette clarification des affectations territoriales devrait également favoriser la réalisation des grands projets structurants et renforcer l’attractivité économique du pays.
Les défis de la gouvernance foncière mis en lumière
Les échanges ont également permis de souligner plusieurs difficultés persistantes dans la gestion du territoire.
Les participants ont notamment relevé la coexistence de plusieurs systèmes cadastraux sectoriels, souvent peu connectés entre eux, ainsi que les insuffisances dans la coordination des administrations intervenant dans la gestion foncière.
Ces contraintes compliquent la planification des investissements, ralentissent certaines procédures administratives et peuvent fragiliser la sécurisation des droits fonciers.
Face à ces défis, le rapport recommande plusieurs réformes structurantes destinées à moderniser la gouvernance territoriale.
Vers une plateforme nationale intégrée d’information foncière
Parmi les principales recommandations figure le renforcement de l’interopérabilité des systèmes cadastraux existants.
Le document préconise également la création progressive d’une plateforme nationale intégrée d’information foncière et territoriale afin de centraliser les données relatives aux terres, aux infrastructures et aux ressources naturelles.
L’actualisation régulière des données géospatiales et le renforcement de la coordination entre les administrations concernées figurent également parmi les priorités identifiées.
Cette modernisation doit permettre d’améliorer la qualité des décisions publiques et de faciliter l’accès à une information foncière fiable.
Un pilier de la stratégie nationale d’aménagement
Dans son allocution d’ouverture, Paul Tasong a rappelé que ce projet s’inscrit dans le cadre des réformes engagées par le gouvernement pour mettre en place les principaux instruments d’aménagement du territoire prévus par la législation camerounaise.
Le futur Plan de zonage complète ainsi d’autres outils stratégiques déjà en cours de déploiement, notamment le Schéma National d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire et les Schémas Régionaux d’Aménagement et de Développement Durable.
En dotant le pays d’un cadre de référence pour l’utilisation des terres, les autorités ambitionnent de mieux concilier croissance économique, protection de l’environnement et développement durable. Une fois adopté, le Plan de zonage du territoire national devrait devenir un outil central de pilotage des politiques publiques et de sécurisation des investissements à long terme au Cameroun.







