La Guinée affiche des ambitions économiques majeures à travers son programme stratégique Simandou 2040, présenté comme un véritable moteur de transformation structurelle.
Devant le Conseil National de la Transition, le Premier ministre Bah Oury a détaillé une vision offensive visant à faire passer le produit intérieur brut du pays de 35 milliards à 152 milliards de dollars d’ici 15 ans.
Un pari de croissance à deux chiffres
Le gouvernement ambitionne une croissance annuelle moyenne de 10,3 %, appuyée par un vaste portefeuille de projets structurants et de réformes économiques.
Le programme Simandou 2040 repose sur :
- 122 mégaprojets,
- 39 réformes structurelles,
- et environ 330 milliards de dollars d’investissements.
L’objectif affiché est de positionner la Guinée comme une puissance économique régionale, tirant pleinement parti de ses ressources naturelles.
Un financement diversifié pour soutenir la transformation
La stratégie de financement repose sur une répartition équilibrée :
- 38 % issus du secteur privé,
- 32 % du budget de l’État,
- 19 % via un fonds souverain national.
Cette architecture vise à réduire les risques de dépendance extérieure et à renforcer la maîtrise nationale du développement économique.
Réformes institutionnelles et hausse des recettes publiques
Dans le cadre de cette transformation, le gouvernement a engagé une réforme administrative majeure avec la fusion des ministères de l’Économie, des Finances et du Budget.
Cette rationalisation vise à améliorer la cohérence des politiques publiques et la discipline budgétaire.
Les résultats récents sont encourageants : les recettes publiques ont augmenté de 139 % entre 2020 et 2025, atteignant 45 000 milliards de francs guinéens.
L’agro-industrie au cœur de la diversification
Au-delà du secteur minier, la Guinée mise également sur l’agro-industrie comme levier de croissance.
Près de 65 milliards de dollars d’investissements sont prévus pour développer 32 mégaprojets agricoles et industriels, avec l’objectif de transformer localement les productions et d’accroître la valeur ajoutée nationale.
Un vaste programme d’infrastructures
Le désenclavement du territoire constitue un axe central du plan gouvernemental.
Les autorités prévoient environ 100 milliards de dollars d’investissements pour les infrastructures, incluant :
- 2 900 km d’autoroutes,
- 2 500 km de lignes ferroviaires.
Ces projets visent à améliorer la connectivité nationale et à faciliter les échanges économiques.
Contenu local et inclusion économique
Le gouvernement insiste enfin sur le rôle central du contenu local dans la mise en œuvre du programme.
Les entreprises guinéennes et la main-d’œuvre nationale devront être les principaux bénéficiaires de cette dynamique de croissance, afin de garantir un impact réel sur la population.
Une ambition de transformation structurelle
Avec Simandou 2040, la Guinée mise sur une transformation économique profonde, combinant industrialisation, infrastructures et réforme institutionnelle.
Un pari ambitieux qui, s’il est concrétisé, pourrait repositionner durablement le pays dans l’économie africaine et mondiale.








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