Le Conseil National de la Transition a adopté à l’unanimité le projet de loi de finances initiale (LFI) 2026, marquant une étape importante dans la trajectoire budgétaire de la Guinée. Présenté lors d’une session plénière le 31 mars 2026, ce budget se distingue par une forte progression des dépenses publiques et une orientation stratégique vers les investissements structurants.
Des dépenses en forte hausse
Les dépenses de l’État pour 2026 sont arrêtées à 64 181,36 milliards de GNF, contre 54 253,26 milliards en 2025, soit une augmentation de 18,30 %. Elles représentent près de 16 % du PIB.
Ce budget se répartit entre :
- le budget général (61 755,12 milliards GNF)
- les budgets d’affectation spéciale (2 426,24 milliards GNF)
Les dépenses courantes occupent une place prépondérante, notamment à travers plusieurs fonds stratégiques comme :
- le Fonds National de Développement Local (FNDL), en forte hausse
- le Fonds d’Investissement Minier (FIM)
- le Fonds de Développement des Communes de Conakry (FODECCON)
Lire aussi : Guinée : cap sur 152 milliards $ de PIB avec Simandou 2040
Pression accrue sur les charges publiques
Les dépenses de personnel atteignent 12 501,90 milliards GNF, en hausse de plus de 10 %, traduisant l’impact des recrutements et des engagements sociaux.
Parallèlement, les charges liées à la dette progressent fortement (+57,20 %) pour atteindre 4 764,85 milliards GNF, illustrant une pression croissante sur les finances publiques.
Les dépenses d’investissement s’élèvent à 9 486,91 milliards GNF, incluant notamment une subvention importante au secteur de l’électricité.
Des ressources tirées par les financements extérieurs
Les ressources globales sont estimées à 35 537,06 milliards GNF, soit un peu plus de la moitié du budget. Elles se composent de :
- ressources internes : 11 597,38 milliards GNF
- ressources externes : 22 532,35 milliards GNF
La forte progression des financements extérieurs (+190 %) souligne la dépendance accrue du pays vis-à-vis des partenaires internationaux.
Un déficit maîtrisé mais significatif
Le budget 2026 affiche un déficit global de 8 323,27 milliards GNF, soit environ 2,1 % du PIB. Ce déficit sera entièrement couvert par des ressources de financement, conformément aux orientations budgétaires.
Priorité aux projets structurants
Le gouvernement guinéen met l’accent sur des projets à fort impact, notamment le programme Simandou 2040, ainsi que sur :
- les infrastructures
- l’agriculture
- les secteurs sociaux de base
Des investissements sont également prévus pour l’électrification, notamment autour des barrages de Kaléta, Souapiti et Amaria.
Des recommandations pour renforcer l’efficacité budgétaire
Lors de l’examen du budget, plusieurs recommandations ont été formulées, portant notamment sur :
- la rationalisation des subventions, en particulier dans le secteur énergétique
- le renforcement du système de santé
- l’amélioration de la performance des établissements publics
- la modernisation du système bancaire et des paiements électroniques
Le Conseil National de la Transition insiste également sur la nécessité d’accélérer la relance industrielle, de renforcer la sécurité civile et de garantir une meilleure exécution des projets publics.
Avec ce budget ambitieux, la Guinée cherche à concilier relance économique, investissements structurants et maîtrise des équilibres macroéconomiques, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et des contraintes financières persistantes.







