Le Ghana a créé la surprise en annonçant une hausse record de 62% du prix du cacao à la production pour la campagne 2025-2026. Fixé désormais à 5 040 dollars la tonne, ce prix est largement supérieur à celui de la Côte d’Ivoire, qui rémunère actuellement ses planteurs à 2 440 dollars la tonne.
Si cette décision constitue un signal fort en faveur des producteurs, elle soulève toutefois des interrogations sur la pérennité économique de la filière et ses répercussions sur l’équilibre du marché mondial.
L’initiative du gouvernement ghanéen vise à honorer une promesse du président John Mahama, élu en 2024, qui s’était engagé à porter à près de 70% la part du prix à l’exportation reversée aux planteurs. Mais en fixant un prix interne aussi élevé, le pays prend le risque d’accentuer les tensions financières sur la Cocoa Board (Cocobod), déjà confrontée à des dettes importantes.
En tant que deuxième producteur mondial, le Ghana influence fortement la stratégie de la Côte d’Ivoire, premier producteur. Si Abidjan devait suivre cette orientation, les prix mondiaux pourraient s’envoler, affectant directement les marchés européens et asiatiques.
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Cette politique intervient alors que la filière cacao subit la pression des changements climatiques, du vieillissement des plantations et de la concurrence de l’orpaillage artisanal, qui attire de nombreux paysans.
En parallèle de cette hausse, le gouvernement ghanéen relance son programme de distribution gratuite d’intrants agricoles (engrais, fongicides, pulvérisateurs), afin de soutenir la productivité. Toutefois, la question demeure : ce prix élevé est-il un levier durable pour les planteurs, ou un fardeau financier pour l’État et la filière à long terme ?











































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