En 2024, le torchage de gaz a atteint un record de 151 milliards de mètres cubes (bcm) à l’échelle mondiale, soit une valeur estimée à 63 milliards USD, équivalent à la consommation annuelle de gaz de l’Afrique, selon le Global Gas Flaring Tracker Report de la Banque mondiale. En Afrique, le gaz torché Afrique, notamment au Nigeria, représente un gâchis économique et environnemental majeur, alors que 600 millions d’Africains manquent d’accès à l’électricité.
Le torchage, pratique consistant à brûler le gaz associé extrait lors de la production pétrolière, a libéré 389 millions de tonnes de CO2e en 2024, dont 46 millions de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre 80 fois plus puissant que le CO2 sur 20 ans. Le Nigeria, septième plus grand pays torcheur, a brûlé environ 7 bcm, principalement par Chevron et Shell, selon Statista. Ce volume aurait pu doubler l’approvisionnement électrique en Afrique subsaharienne, où l’accès à l’énergie reste un défi crucial. Les coûts d’investissement pour capturer ce gaz, estimés à plus de 100 milliards USD, freinent les progrès vers l’objectif de zéro torchage de routine d’ici 2030.
La Banque mondiale, via son partenariat Global Flaring and Methane Reduction (GFMR), promeut des technologies à faible émission et des cadres réglementaires pour valoriser le gaz torché Afrique. Des projets comme le NLNG Train 7 au Nigeria ou le Greater Tortue Ahmeyim au Sénégal-Mauritanie, prévus pour 2026, visent à utiliser le gaz pour l’électricité ou l’exportation. La digitalisation des données satellitaires, via des capteurs infrarouges de la NOAA, permet un meilleur suivi des torchères, facilitant les réformes. Cependant, l’insécurité et le manque d’infrastructures limitent les investissements, notamment au Nigeria et en Libye.
Le gaz torché Afrique pourrait répondre à la demande énergétique croissante du continent, où la consommation de gaz devrait doubler d’ici 2050, selon le World Economic Forum. Des pays comme le Sénégal et la Mauritanie investissent dans des projets gaziers, mais la dépendance aux importations énergétiques (50 % pour le Sénégal) et les fluctuations des prix mondiaux restent des obstacles. Une approche régionale, via les pools électriques de la CEDEAO, pourrait optimiser l’utilisation des ressources gazières.
Le gaz torché Afrique, équivalent à 63 milliards USD en 2024, représente une opportunité manquée pour l’accès énergétique et la lutte contre le changement climatique.
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