Fitch maintient la note B- pour la Tunisie hors surveillance
L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note souveraine à long terme de la Tunisie à « B- », avec une perspective stable, tout en retirant le pays de sa liste des États sous surveillance (UCO). La dette senior non garantie reçoit également une note de recouvrement « RR4 », conformément aux nouvelles hypothèses méthodologiques introduites en septembre 2025.
Fitch précise que cette décision ne traduit pas une amélioration des fondamentaux tunisiens. La notation de la dette extérieure à long terme reste alignée sur celle de l’émetteur souverain en devises étrangères et demeure inchangée par rapport à la confirmation du 12 septembre 2025. La sortie de la liste de surveillance résulte principalement d’un ajustement technique lié à l’évolution du cadre analytique de l’agence, et non d’un changement macroéconomique ou budgétaire significatif.
L’évaluation repose notamment sur des critères de gouvernance et de risques souverains. Fitch attribue à la Tunisie un score ESG de 5, signalant que la stabilité politique, les droits civiques et la qualité institutionnelle pèsent négativement sur la notation. Le pays se situe au 36ᵉ percentile des indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale, traduisant une stabilité politique faible, des droits de participation limités et une capacité institutionnelle modérée.
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Concernant le risque de défaut, Fitch estime que les perspectives de recouvrement en cas de restructuration restent moyennes. L’absence de mécanismes clairs de protection des créanciers souverains justifie la note « RR4 », qui ne renforce pas l’attractivité du profil tunisien pour les investisseurs internationaux.
Pour qu’une amélioration de la note soit envisageable, Fitch souligne des conditions strictes : réduction durable du déficit budgétaire et du ratio dette publique/PIB, combinée à une hausse continue des réserves de change et un accès régulier et crédible aux financements extérieurs. À l’inverse, des tensions sur les besoins de financement de l’État ou une pression accrue sur les comptes extérieurs pourraient entraîner une dégradation, en cas d’érosion des réserves ou de dépréciation monétaire importante.
En conclusion, si cette décision est présentée par les autorités comme un signal de stabilisation, elle met surtout en évidence les fragilités structurelles de l’économie tunisienne. La confirmation de la note « B- » consacre un statu quo : un risque souverain élevé, désormais analysé dans un cadre méthodologique renouvelé, sans amélioration tangible des fondamentaux économiques ou institutionnels.








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