Fitch Ratings a confirmé la note de défaut émetteur à long terme (IDR) de « B- » d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI) avec une perspective stable. La note de viabilité (VR) de la holding bancaire reste également à « b- », reflétant les défis auxquels le groupe est confronté malgré ses atouts en matière de diversification géographique et de revenus.
Avec des opérations dans 33 pays d’Afrique subsaharienne et des actifs de 26,6 milliards de dollars, ETI est l’un des plus grands groupes bancaires du continent. Cette diversification géographique atténue certains risques, mais le groupe reste exposé à des emprunts souverains volatils, notamment au Nigeria (B-/positif) et au Ghana (RD), qui représentent 26 % du total des actifs combinés.
La dépréciation du naira nigérian et du cédi ghanéen a entraîné des pertes de conversion importantes, s’élevant à 265 millions de dollars en 2023 et sur les neuf premiers mois de 2024. Cela a directement impacté la rentabilité et affaibli le ratio de fonds propres de base (CET1), qui a chuté à 9,7 % fin septembre 2024.
Malgré ces difficultés, la rentabilité du groupe est restée saine, avec un résultat opérationnel atteignant 4,9 % des actifs pondérés en fonction des risques sur les neuf premiers mois de 2024. Cette performance repose sur une hausse des marges nettes d’intérêt et une baisse des charges de dépréciation.
Fitch souligne que le profil de financement d’ETI bénéficie d’une forte base de dépôts et d’une faible concentration des déposants. L’émission d’euro-obligations senior de 400 millions de dollars en octobre 2024 a permis de réduire les risques de refinancement à court terme. Cependant, une éventuelle accélération du remboursement de la dette de la filiale nigériane en 2026 reste un facteur de risque.
Perspectives et scénarios d’évolution
- Dégradation possible si les pertes de conversion en devises s’intensifient et entraînent une violation des exigences de fonds propres, ou si l’exposition aux emprunts souverains volatils augmente.
- Amélioration possible si ETI réduit son double effet de levier en dessous de 120 %, limite ses pertes de change et renforce sa capitalisation.
La confirmation de la note « B- » avec une perspective stable traduit un équilibre fragile entre les forces du groupe, notamment sa diversification et sa rentabilité, et ses risques liés aux changes et à la dette souveraine. Fitch estime qu’ETI doit renforcer sa gestion du risque de change et consolider ses fonds propres pour améliorer sa notation à l’avenir.







