Le Cameroun aurait procédé, le 28 janvier 2026, à une émission d’eurobond d’un montant de 750 millions de dollars, selon des informations rapportées par Bloomberg, citant des sources proches du dossier. Converti sur la base du taux implicite communiqué par les autorités camerounaises en juillet 2025, ce montant correspond à environ 420,3 milliards de FCFA.
L’emprunt, d’une maturité de cinq ans, offrirait un rendement de 10,12 %, traduisant un coût de financement élevé sur le marché obligataire international. À ce stade, l’opération n’a toutefois pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle par les autorités camerounaises.
Un jalon clé de la stratégie d’endettement 2026
En juillet 2025, le gouvernement camerounais avait annoncé son intention de mobiliser en 2026 un emprunt extérieur significatif de l’ordre de 650 milliards de FCFA, sans en préciser la forme exacte. L’émission évoquée d’un eurobond de 750 millions de dollars constitue ainsi un premier signal concret du recours envisagé aux marchés financiers internationaux.
Sur le plan juridique, cette stratégie a été encadrée par un décret présidentiel signé le 21 janvier 2026, autorisant le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, à lever jusqu’à 1 650 milliards de FCFA sur les marchés domestiques et extérieurs, dont 1 000 milliards de FCFA auprès de créanciers internationaux.
Un coût de financement sous pression
La perspective d’une émission internationale avait été jugée délicate en 2025, en raison du contexte politique marqué par l’élection présidentielle prévue en octobre, généralement perçu comme un facteur de risque par les investisseurs internationaux exposés aux marchés africains.
Le rendement de 10,12 % évoqué pour cet eurobond souligne les tensions persistantes sur le coût de la dette souveraine camerounaise, malgré un regain d’appétit pour les obligations à haut rendement en ce début d’année. Ce niveau reste sensiblement supérieur à celui obtenu récemment par des pays comparables de la région, comme le Bénin ou la Côte d’Ivoire, souvent cités pour des fondamentaux macroéconomiques proches.
Si elle se confirme, cette opération marquerait une étape importante dans la stratégie de financement du Cameroun, tout en posant la question de la soutenabilité du service de la dette dans un environnement de taux encore élevés sur les marchés internationaux.







