L’Éthiopie franchit un nouveau cap dans sa stratégie de puissance aérienne. Le Premier ministre Abiy Ahmed a annoncé le lancement de la construction de l’aéroport international de Bishoftu, présenté comme le plus grand projet d’infrastructure aéroportuaire jamais engagé en Afrique. À terme, ce méga-hub pourra accueillir jusqu’à 110 millions de passagers par an, redéfinissant l’équilibre du transport aérien continental.
Un projet pensé en complément d’Addis-Abeba Bole
Situé à environ 40 kilomètres au sud-est d’Addis-Abeba, le futur aéroport de Bishoftu viendra compléter l’actuel aéroport international de Bole, dont la capacité élargie plafonne désormais à 25 millions de passagers par an. Confrontées à une saturation progressive des infrastructures existantes, les autorités éthiopiennes ont opté pour une stratégie multi-aéroports, visant à sécuriser durablement la croissance du trafic aérien.
Cette approche doit permettre à l’Éthiopie de conserver son statut de principale porte d’entrée aérienne du continent africain, dans un contexte de forte reprise du trafic mondial et de concurrence accrue entre hubs régionaux.
Un levier stratégique pour Ethiopian Airlines et la ZLECAf
Le projet de Bishoftu s’inscrit pleinement dans les réformes économiques structurelles engagées par l’Éthiopie, son agenda d’industrialisation et sa stratégie aéronautique de long terme. Il constitue un pilier clé pour renforcer la compétitivité mondiale d’Ethiopian Airlines, première compagnie aérienne africaine en termes de flotte, de destinations et de passagers transportés.
Au-delà du transport aérien, l’infrastructure vise à améliorer la connectivité intra-africaine, soutenir les échanges commerciaux dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), élargir les corridors logistiques et touristiques, et positionner l’Éthiopie comme un hub intercontinental majeur reliant l’Afrique à l’Europe, à l’Asie et aux Amériques.
Un site aux caractéristiques techniques optimales
Implanté à une altitude d’environ 1 910 mètres, le site de Bishoftu offre des conditions opérationnelles favorables pour les performances des aéronefs, la gestion des vols long-courriers et l’optimisation des correspondances. Sa proximité avec Addis-Abeba garantit une intégration fluide avec l’écosystème aérien existant, tout en offrant des capacités d’extension foncière importantes.
Le futur hub est conçu pour absorber aussi bien les flux de passagers en transit que le trafic de destination finale, avec des standards internationaux en matière de sécurité, de fluidité et de services.
Une montée en puissance progressive vers 110 millions de passagers
Selon le plan directeur, la première phase de l’aéroport de Bishoftu affichera une capacité initiale de 60 millions de passagers par an. À terme, les extensions successives permettront d’atteindre 110 millions de passagers annuels, un seuil qui placerait l’Éthiopie parmi les plus grands hubs aériens mondiaux, aux côtés de Dubaï, Istanbul ou Atlanta.
L’Éthiopie confirme ses ambitions continentales
Avec Bishoftu, Addis-Abeba envoie un signal fort : l’aviation demeure un instrument central de souveraineté économique, d’intégration régionale et de rayonnement international. Dans un continent où les infrastructures aéroportuaires structurantes restent limitées, l’Éthiopie entend consolider son avance et capter une part croissante des flux aériens africains et intercontinentaux.









































