Égypte : la Banque centrale maintient ses taux malgré le recul de l’inflation
La Banque centrale d’Égypte a décidé de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs lors de sa quatrième réunion de politique monétaire de l’année, privilégiant une approche prudente malgré la poursuite du ralentissement de l’inflation. Les autorités monétaires estiment que les incertitudes liées à l’environnement international et aux tensions géopolitiques continuent de justifier le maintien d’une politique monétaire restrictive.
Des taux directeurs inchangés pour la deuxième réunion consécutive
À l’issue de sa réunion de jeudi, le Comité de politique monétaire a décidé de conserver le taux de dépôt au jour le jour à 19 %, le taux de prêt au jour le jour à 20 %, tandis que le taux des principales opérations de refinancement et le taux d’escompte restent fixés à 19,5 %.
Cette décision marque la deuxième réunion consécutive sans modification des taux, la Banque centrale estimant que les conditions économiques actuelles appellent à la prudence plutôt qu’à un nouvel assouplissement monétaire.
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Une inflation en baisse mais des risques toujours présents
Les dernières statistiques confirment néanmoins la poursuite de la désinflation en Égypte. Selon les données de l’Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS), l’inflation annuelle est revenue à 12,2 % en juin 2026, contre 13 % en mai, 13,4 % en avril et 13,5 % en mars.
Cette amélioration traduit le reflux progressif des tensions inflationnistes après les niveaux exceptionnellement élevés observés ces dernières années.
Toutefois, la Banque centrale estime que plusieurs facteurs continuent de peser sur les perspectives économiques. Elle cite notamment les tensions géopolitiques persistantes, les incertitudes entourant le commerce mondial, le ralentissement de la demande internationale ainsi que les perturbations des chaînes d’approvisionnement, autant d’éléments susceptibles d’alimenter de nouvelles pressions sur les prix.
Des indicateurs extérieurs en amélioration
L’économie égyptienne bénéficie par ailleurs d’une amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques.
Les réserves internationales nettes ont atteint 55 milliards de dollars à fin juin 2026, renforçant la capacité du pays à faire face à ses engagements extérieurs et à soutenir la stabilité de la monnaie nationale.
Les transferts des Égyptiens résidant à l’étranger poursuivent également leur progression. Ils se sont élevés à 43,1 milliards de dollars entre juillet 2025 et mai 2026, en hausse de 31,2 % par rapport à la même période de l’exercice précédent, apportant une source importante de devises à l’économie.
La Banque centrale privilégie la stabilité macroéconomique
Malgré ces évolutions favorables, la Banque centrale considère qu’il est encore prématuré d’engager une nouvelle phase de baisse des taux d’intérêt.
L’institution souligne que les marchés restent exposés à la volatilité des prix de l’énergie et des matières premières, aux conséquences des conflits géopolitiques ainsi qu’aux décisions des grandes banques centrales, notamment celles de la Réserve fédérale américaine.
Cette décision, largement anticipée par les investisseurs, reflète la volonté des autorités monétaires de consolider la stabilité macroéconomique, d’ancrer durablement les anticipations d’inflation et de préserver les progrès enregistrés avant d’envisager un éventuel assouplissement monétaire au cours du second semestre 2026.







