Égypte : la Banque centrale maintient ses taux face aux tensions régionales
La Banque centrale d’Égypte a décidé de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire tenue le 21 mai 2026.
Le taux de dépôt au jour le jour reste fixé à 19 %, tandis que le taux de prêt au jour le jour demeure à 20 %. Le taux de l’opération principale ainsi que celui du crédit et de l’escompte ont été maintenus à 19,5 %.
Dans son communiqué, l’institution monétaire a expliqué que cette décision reflétait son évaluation des dynamiques inflationnistes actuelles et futures dans un environnement extérieur jugé défavorable.
Les tensions au Moyen-Orient pèsent sur l’économie
Cette décision intervient dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, qui alimentent la volatilité des prix de l’énergie et des marchés financiers.
Les autorités égyptiennes craignent notamment les conséquences de la hausse des prix du pétrole sur les coûts d’importation et sur l’évolution générale des prix à la consommation.
Le président Abdel Fattah al-Sissi a d’ailleurs rencontré le gouverneur de la Banque centrale, Hassan Abdalla, afin d’examiner les mesures susceptibles de renforcer les entrées de devises, préserver les réserves en dollars et limiter les pressions inflationnistes.
Une pause après plusieurs baisses de taux
Après plusieurs mois d’assouplissement monétaire en 2025, la Banque centrale semble désormais privilégier une phase de stabilisation.
L’institution avait réduit ses taux à cinq reprises l’an dernier pour un total cumulé de 725 points de base. Une nouvelle baisse de 100 points de base avait également été décidée en février 2026.
Le maintien des taux en avril puis en mai traduit désormais une approche plus prudente face aux risques régionaux et aux tensions sur les marchés énergétiques.
Des mesures d’économie d’énergie mises en place
L’escalade militaire au Moyen-Orient a déjà eu des répercussions directes sur l’économie égyptienne.
En mars, les prix des carburants ont augmenté de 14 % à 30 %, poussant les autorités à adopter plusieurs mesures exceptionnelles pour limiter la consommation énergétique.
Le gouvernement a notamment instauré une fermeture anticipée des commerces, réduit l’éclairage public, suspendu temporairement certains grands projets fortement consommateurs de gasoil et imposé une journée hebdomadaire de télétravail aux fonctionnaires.
Une inflation toujours sous surveillance
Même si l’inflation annuelle a légèrement reculé à 13,4 % en avril contre 13,5 % en mars, la Banque centrale reste prudente quant à l’évolution des prix.
Le 10 mai, elle a relevé sa prévision d’inflation moyenne annuelle à 17 %, contre 11 % auparavant, en raison des risques persistants liés à l’énergie et au commerce mondial.
Les transferts et le canal de Suez soutiennent les devises
Malgré ce contexte tendu, certains indicateurs apportent un soutien relatif à l’économie égyptienne.
Les transferts des expatriés ont progressé de 28 % sur les huit premiers mois de l’exercice 2025-2026 pour atteindre 29,4 milliards de dollars entre juillet et février.
Les revenus du Canal de Suez ont également augmenté de 22 % depuis le début de l’année, atteignant 449 millions de dollars au 7 février 2026.
Les autorités n’ont toutefois pas encore publié de nouvelles données permettant d’évaluer l’impact économique complet des récentes tensions avec l’Iran sur le trafic maritime et les flux financiers du pays.







