Côte d’Ivoire : le gouvernement veut mieux mesurer les loyers et le marché foncier
La Côte d’Ivoire renforce son dispositif statistique afin de mieux suivre l’évolution du logement, des loyers et du foncier. Réunis à Abidjan, le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, et le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de Vie, Moussa Sanogo, ont convenu d’accélérer la mise en place d’indicateurs fiables destinés à mieux orienter les politiques publiques.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de disposer de données régulièrement actualisées sur les principales dépenses des ménages, les dynamiques foncières et les évolutions du marché locatif, dans un contexte marqué par une urbanisation rapide et une demande croissante en logements.
Des données pour mieux piloter les politiques publiques
Le logement et le foncier occupent une place centrale dans les préoccupations des ménages ivoiriens. Les variations des loyers, le coût d’accès à la propriété ou encore la pression foncière dans les zones urbaines influencent directement le pouvoir d’achat et les conditions de vie des populations.
Face à ces enjeux, le gouvernement souhaite renforcer les outils de mesure et d’analyse afin de disposer d’informations plus précises pour guider les décisions en matière d’urbanisme, d’aménagement du territoire et de politique du logement.
Les futurs indicateurs permettront notamment de suivre l’évolution des prix des loyers, les tendances du marché foncier et l’impact des dépenses liées au logement sur le budget des ménages.
Un système statistique en pleine modernisation
Au cours de la rencontre, le ministre du Plan a présenté les avancées réalisées dans la consolidation du système statistique national.
Celui-ci repose désormais sur plusieurs instruments structurants, notamment le Conseil national de la statistique, le Fonds national de développement de la statistique et la nouvelle Stratégie nationale de développement de la statistique 2026-2030.
Cette stratégie est alignée sur les objectifs du Plan national de développement (PND) 2026-2030 et vise à améliorer la qualité, la disponibilité et l’utilisation des données dans la conduite de l’action publique.
Un mécanisme dédié au suivi du logement
L’un des principaux résultats de cette séance de travail concerne la validation du projet de mécanisme de production de données sur le logement présenté par Agence nationale de la statistique.
Les deux ministres ont donné leur accord de principe pour la mise en œuvre de cet outil, qui permettra de renforcer la collecte et l’analyse des données relatives au secteur de l’habitat.
Pour accélérer le processus, un cadre de collaboration interministériel sera mis en place afin de favoriser le partage d’informations entre les administrations concernées et d’assurer une meilleure coordination des travaux statistiques.
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L’ENSEA et l’ANStat au cœur du renforcement des capacités
Les discussions ont également porté sur deux projets structurants destinés à renforcer les capacités du système statistique national.
Le premier concerne l’extension de École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée à Bingerville, une initiative visant à accroître la formation de spécialistes dans les domaines de la statistique et de l’analyse économique.
Le second porte sur la construction du futur siège de l’ANStat, qui doit permettre à l’institution de disposer d’infrastructures adaptées à ses missions de collecte, de traitement et de diffusion des données.
La donnée au service du PND 2026-2030
À travers cette démarche, le gouvernement ivoirien entend faire de la donnée un véritable outil de pilotage du développement.
La disponibilité d’indicateurs fiables sur le logement, les loyers et le foncier devrait permettre d’améliorer l’évaluation des politiques publiques, d’anticiper les besoins des populations et d’orienter plus efficacement les investissements.
Cette initiative constitue également un levier important pour le suivi du PND 2026-2030, dont l’ambition est d’accélérer la transformation économique et sociale du pays. En renforçant la qualité de l’information statistique, la Côte d’Ivoire cherche ainsi à bâtir des politiques publiques davantage fondées sur les réalités du terrain et les besoins réels des citoyens.







