Côte d’Ivoire : Abidjan veut accélérer 1 milliard d’euros de projets avec l’Union européenne
La Côte d’Ivoire veut renforcer son partenariat économique avec l’Union européenne et accélérer la concrétisation des projets d’investissement annoncés. Le 21 octobre 2026, le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a présenté quatre attentes à la délégation européenne et aux ambassadeurs des États membres, notamment l’accélération des conventions Global Gateway, évaluées à environ un milliard d’euros, et la création de forums économiques entre entreprises européennes et groupes ivoiriens.
La mobilisation des financements et la concrétisation des investissements constituent des priorités pour la mise en œuvre du Plan national de développement de la Côte d’Ivoire. C’est dans cette perspective que le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, a échangé le 21 octobre 2026 avec la délégation de l’Union européenne et les ambassadeurs de ses États membres, au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
En présence de la ministre d’État chargée des Affaires étrangères, le responsable ivoirien a présenté les orientations stratégiques du Plan et les réformes destinées à faciliter sa mise en œuvre.
Au-delà des annonces financières, Abidjan souhaite désormais renforcer le suivi des engagements, aligner les financements extérieurs sur ses priorités nationales et favoriser des partenariats plus directs entre les entreprises européennes et ivoiriennes.
Quatre attentes pour renforcer le partenariat économique
Les autorités ivoiriennes ont formulé plusieurs demandes visant à rendre la coopération avec l’Union européenne plus opérationnelle.
La première porte sur la mise en place d’un calendrier et d’un mécanisme conjoint de suivi des annonces. L’objectif est de mieux suivre les engagements pris, d’identifier les étapes de réalisation et de faciliter la coordination entre les différents partenaires.
La deuxième concerne l’alignement de la nouvelle stratégie de coopération européenne sur les priorités du Plan national de développement. Abidjan souhaite ainsi que les interventions européennes contribuent directement aux objectifs de transformation économique définis par le gouvernement.
La troisième attente vise à accélérer les conventions liées à l’initiative Global Gateway, dont le montant annoncé avoisine un milliard d’euros. La concrétisation de ces conventions représente un enjeu important pour transformer les engagements de coopération en projets d’investissement.
Enfin, le gouvernement souhaite organiser des forums économiques réunissant les entreprises européennes et les champions nationaux ivoiriens. Ces rencontres doivent favoriser les partenariats commerciaux, les investissements directs et les collaborations industrielles.
Ces quatre orientations traduisent une volonté de passer d’une coopération fondée sur les engagements institutionnels à une approche davantage axée sur l’exécution des projets et les retombées économiques.
Un Plan national de développement évalué à 209 milliards de dollars
Le Plan national de développement constitue le cadre central de la stratégie économique ivoirienne. Son coût global est estimé à 209 milliards de dollars, soit 114 838,5 milliards de FCFA.
Selon les données présentées par le ministre, 70,2 % de ce montant devraient provenir du secteur privé. Cette répartition souligne l’importance accordée aux investissements des entreprises nationales et internationales dans le financement de la transformation économique.
Le recours aux capitaux privés permettrait de compléter les ressources publiques et de soutenir des projets dans plusieurs secteurs productifs.
Cette ambition suppose toutefois de maintenir un environnement favorable aux investisseurs, de renforcer la prévisibilité des règles économiques et d’améliorer les conditions de préparation et d’exécution des projets.
Le gouvernement entend notamment agir sur la gouvernance de l’investissement, la dématérialisation des procédures administratives, la justice économique et commerciale ainsi que la promotion ciblée des investissements directs étrangers.
L’enjeu est de réduire les obstacles administratifs et juridiques susceptibles de ralentir la réalisation des projets, tout en renforçant l’attractivité de la Côte d’Ivoire auprès des investisseurs internationaux.
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80 milliards de dollars annoncés lors du Groupe consultatif
Les discussions avec l’Union européenne interviennent après les annonces enregistrées lors du Groupe consultatif organisé les 8 et 9 juillet 2026.
À cette occasion, les annonces de financement ont atteint 80 milliards de dollars, selon les chiffres communiqués par le ministre. Ce montant représente près de quatre fois l’objectif initial de 20,3 milliards de dollars.
Souleymane Diarrassouba a salué la contribution de l’Équipe Europe à ce résultat.
Ces annonces témoignent de l’intérêt des partenaires au développement et des investisseurs pour les ambitions économiques ivoiriennes. Elles doivent néanmoins être distinguées des financements effectivement décaissés et des investissements déjà réalisés.
La prochaine étape consiste donc à transformer les engagements en projets concrets, grâce à des accords opérationnels, des calendriers d’exécution et des mécanismes de suivi adaptés.
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la demande ivoirienne d’accélérer les conventions Global Gateway et de renforcer la coordination avec les partenaires européens.
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Global Gateway, un levier pour mobiliser les investissements européens
L’initiative Global Gateway constitue un cadre de coopération de l’Union européenne destiné à soutenir des investissements dans les infrastructures et les connexions stratégiques, notamment dans les transports, l’énergie, le numérique et d’autres secteurs structurants.
Pour la Côte d’Ivoire, l’accélération des conventions associées à cette initiative doit contribuer à mobiliser des ressources et des compétences au service des priorités nationales.
Les projets concernés, évalués à environ un milliard d’euros selon les éléments présentés lors de la rencontre, pourraient renforcer le partenariat économique entre Abidjan et Bruxelles.
Le gouvernement souhaite cependant donner davantage de visibilité au calendrier de mise en œuvre et améliorer la coordination entre les institutions impliquées.
La concrétisation de ces projets dépendra notamment de l’état d’avancement des conventions, des conditions de financement, de la préparation technique des opérations et des décisions des partenaires concernés.
L’objectif est de faire en sorte que la coopération européenne contribue plus directement au développement des infrastructures et à la transformation du tissu productif ivoirien.
Une croissance moyenne de 6,5 % entre 2021 et 2025
Pour défendre ses ambitions économiques, le ministre a également mis en avant les performances macroéconomiques de la Côte d’Ivoire.
Le pays a enregistré une croissance moyenne de 6,5 % sur la période 2021-2025, selon les données présentées lors de la rencontre. L’inflation s’est établie à 0,1 % en 2025, tandis que les trois notations évoquées par le ministre étaient assorties de perspectives stables.
Autre élément mis en avant : depuis juin 2026, le risque de surendettement du pays est jugé faible par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, selon les informations communiquées.
Ces indicateurs sont mobilisés par les autorités pour souligner la stabilité du cadre macroéconomique et renforcer la confiance des partenaires financiers.
Une croissance soutenue et une inflation maîtrisée peuvent contribuer à améliorer la visibilité des entreprises et à soutenir les décisions d’investissement. Elles ne garantissent toutefois pas automatiquement la réalisation des projets : la qualité de l’environnement des affaires, l’accès aux financements et la sécurité juridique restent déterminants.
Six piliers et sept leviers pour transformer l’économie
Le Plan national de développement s’articule autour de six piliers et de sept leviers, avec pour objectif de répondre à dix défis de transformation structurelle.
Les réformes annoncées concernent notamment la gouvernance des investissements, la numérisation du parcours de l’investisseur, la justice économique et commerciale ainsi que la promotion ciblée des investissements directs étrangers.
La simplification des démarches administratives peut contribuer à réduire les délais de lancement des projets. De même, une justice commerciale efficace et des procédures plus prévisibles sont susceptibles de renforcer la confiance des investisseurs.
Le gouvernement entend ainsi améliorer les conditions permettant aux entreprises de financer leurs activités, de développer leurs capacités de production et de nouer des partenariats avec des acteurs internationaux.
La mobilisation du secteur privé sera déterminante pour atteindre les objectifs financiers du Plan, compte tenu de la part de 70,2 % attendue de cette source de financement.
Des annonces aux investissements effectifs : le principal défi
La rencontre du 21 octobre 2026 met en lumière une priorité de la politique économique ivoirienne : améliorer la conversion des annonces de financement en investissements effectivement réalisés.
Les autorités souhaitent renforcer le suivi des engagements, accélérer les conventions européennes et favoriser les relations entre les entreprises ivoiriennes et leurs partenaires étrangers.
La réussite de cette démarche dépendra de la capacité des institutions à coordonner leurs interventions, à lever les obstacles administratifs et à assurer une préparation rigoureuse des projets.
Les forums économiques envisagés pourraient notamment favoriser les échanges entre investisseurs, entreprises industrielles et groupes ivoiriens, avec des perspectives de partenariats commerciaux et productifs.
Avec un Plan national de développement évalué à 209 milliards de dollars et une contribution privée attendue de 70,2 %, la Côte d’Ivoire mise largement sur les investissements pour soutenir sa transformation économique. L’accélération des projets Global Gateway et le renforcement du partenariat avec l’Union européenne seront jugés à l’aune des financements effectivement mobilisés, des projets exécutés et des retombées concrètes pour l’économie nationale.







