Corridor Abidjan-Lagos : l’Autorité de gestion ALCoMA lance officiellement sa gouvernance à Lagos
Le projet de Corridor Abidjan-Lagos, l’une des infrastructures régionales les plus ambitieuses d’Afrique de l’Ouest, a franchi une nouvelle étape décisive avec la tenue de la première réunion du Conseil d’administration de l’Autorité de gestion du Corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA). Organisée les 11 et 12 juin 2026 à Lagos, au Nigeria, cette rencontre inaugurale marque le démarrage effectif de la gouvernance institutionnelle chargée de piloter le développement de ce vaste projet d’intégration régionale.
Réunissant des représentants du secteur public et du secteur privé issus du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigeria et du Togo, ainsi que des délégués de la CEDEAO et de la Banque africaine de développement (BAD), cette première session a posé les fondations de l’organe appelé à superviser l’un des corridors économiques les plus stratégiques du continent.
Une étape majeure pour le projet d’autoroute régionale
Créée à la suite du traité signé par les chefs d’État des cinq pays traversés par le corridor, ALCoMA a pour mission de coordonner la planification, le développement et la gestion du futur corridor de développement supranational reliant Abidjan à Lagos.
Ce projet d’infrastructure vise à renforcer l’intégration économique régionale en facilitant la circulation des personnes, des marchandises et des services entre les principales économies côtières de l’Afrique de l’Ouest.
À terme, le corridor doit devenir un puissant levier de croissance, de compétitivité et d’attractivité pour l’ensemble de la région.
Mettre en place une gouvernance solide avant la phase d’investissement
L’un des principaux objectifs de cette réunion inaugurale était d’établir les bases du fonctionnement institutionnel de l’Autorité.
Les membres du Conseil ont examiné plusieurs questions essentielles liées à la gouvernance interne, notamment les procédures de prise de décision, les règles de fonctionnement du Conseil, les conditions de quorum ainsi que les modalités de succession des responsables afin de garantir la continuité institutionnelle.
Ces travaux constituent une étape préalable indispensable avant le passage à la phase d’investissement et d’exécution du projet.
Les administrateurs ont également défini les grandes orientations stratégiques destinées à accompagner la transformation progressive du Corridor Abidjan-Lagos en un véritable espace intégré de développement économique.
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Wilfrid Lauriano Do Rego désigné premier président d’ALCoMA
Conformément aux dispositions de l’Accord intergouvernemental (AIG), qui prévoit une présidence tournante selon un ordre alphabétique des États membres débutant par le Bénin, le Conseil a procédé à la désignation de son premier président.
Le choix s’est porté sur Wilfrid Lauriano Do Rego, qui exercera cette fonction pour un mandat de deux ans. Le poste de vice-président revient automatiquement à Ayadji Omolade Hodonou Sourou Jacques, conformément aux règles établies.
Fort de plus de 36 années d’expérience dans les domaines de l’audit, de la finance et de la gouvernance d’entreprise, Wilfrid Lauriano Do Rego dispose d’un parcours reconnu à l’échelle internationale. Il a notamment siégé dans plusieurs conseils d’administration de multinationales, d’institutions financières et de fonds d’investissement spécialisés dans les infrastructures et le développement en Afrique.
Sa nomination est perçue comme un signal fort en faveur d’une gouvernance rigoureuse et d’une gestion orientée vers les résultats.
La CEDEAO et la BAD au cœur du dispositif
La première réunion du Conseil a également confirmé l’implication active des partenaires régionaux et internationaux dans la mise en œuvre du projet.
Le Conseil a ainsi pris acte de la désignation de Chris Appiah, Directeur des Transports de la CEDEAO, comme représentant officiel de l’organisation régionale au sein de l’instance de gouvernance.
La présence de la Banque africaine de développement témoigne également de l’importance stratégique accordée à cette infrastructure, considérée comme un moteur essentiel de l’intégration économique ouest-africaine.
Un corridor stratégique pour plus de 500 kilomètres de croissance
Le Corridor Abidjan-Lagos relie cinq économies représentant une part majeure du produit intérieur brut de l’Afrique de l’Ouest et concentre une grande partie des échanges commerciaux de la région.
Le projet d’autoroute régionale vise à réduire les coûts logistiques, fluidifier le transport transfrontalier et stimuler les investissements privés le long de cet axe économique majeur.
Au-delà des infrastructures routières, le corridor est conçu comme un espace intégré de développement devant favoriser l’industrialisation, la création d’emplois et l’expansion du commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Une nouvelle phase pour l’intégration régionale
La tenue de cette première réunion du Conseil d’administration d’ALCoMA marque le passage du projet à une phase plus opérationnelle.
Avec la mise en place de sa gouvernance, l’Autorité dispose désormais des outils institutionnels nécessaires pour coordonner les prochaines étapes, mobiliser les financements et accompagner la réalisation d’une infrastructure appelée à transformer durablement les échanges économiques entre la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria.
Pour les États membres comme pour les partenaires financiers, cette avancée constitue un signal fort de l’engagement collectif en faveur d’une intégration régionale plus profonde et d’un développement économique partagé à l’échelle ouest-africaine.







