Le Fonds monétaire international (FMI) a appelé la France à accélérer ses réformes structurelles et à renforcer sa consolidation budgétaire afin de préserver la soutenabilité de ses finances publiques dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et le ralentissement de la croissance.
Une mission du FMI dirigée par Manuela Goretti a séjourné en France du 11 au 21 mai 2026 dans le cadre des consultations au titre de l’article IV. À l’issue de cette mission, l’institution de Bretton Woods a estimé que l’économie française faisait preuve de résilience malgré des vents contraires liés notamment à la guerre au Moyen-Orient et aux incertitudes politiques internes.
Une croissance modérée en 2026
Selon les projections du FMI, la croissance du PIB français devrait ralentir à 0,7% en 2026 contre 0,9% en 2025.
L’institution explique ce ralentissement par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, qui alimentent l’inflation et freinent la demande intérieure. La consommation des ménages et l’investissement des entreprises devraient également être affectés par un climat d’attentisme à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Le FMI estime toutefois qu’un redressement progressif pourrait intervenir à partir de la fin de l’année 2026 si les conditions extérieures se stabilisent et si les incertitudes politiques diminuent après les élections.
Le FMI alerte sur la dette publique
L’institution internationale souligne que la France doit poursuivre ses efforts de consolidation budgétaire afin de contenir l’augmentation de la dette publique.
Le déficit public s’est réduit à 5,1% du PIB en 2025 grâce à une gestion plus rigoureuse des dépenses. Cependant, le FMI estime que le rythme actuel d’ajustement reste insuffisant pour ramener le déficit sous le seuil européen de 3% du PIB d’ici 2029.
Le FMI recommande ainsi un ajustement structurel d’environ 0,8% du PIB par an entre 2027 et 2029 afin d’inscrire durablement la dette sur une trajectoire baissière.
L’institution juge également nécessaire l’adoption d’une nouvelle loi de programmation des finances publiques pour renforcer la crédibilité de la stratégie budgétaire française.
Rationaliser les dépenses publiques
Avec des dépenses publiques représentant 57,5% du PIB en 2025, soit le niveau le plus élevé de la zone euro, le FMI appelle la France à redéfinir ses priorités budgétaires.
L’institution recommande notamment :
- une meilleure adaptation des dépenses de santé et d’éducation aux évolutions démographiques ;
- la poursuite de la réforme de l’assurance chômage ;
- le rétablissement d’une stratégie crédible de réforme des retraites ;
- une rationalisation des dépenses inefficaces afin de dégager des marges pour la défense, la transition écologique et le numérique.
Le FMI insiste toutefois sur la nécessité de préserver les ménages les plus vulnérables grâce à des mesures ciblées et progressives.
Des réformes structurelles jugées indispensables
Au-delà des finances publiques, le FMI estime que la France doit accélérer ses réformes structurelles pour relever son potentiel de croissance.
L’institution encourage notamment :
- la réduction des barrières administratives ;
- l’accélération de l’adoption de l’intelligence artificielle ;
- le développement du capital-risque ;
- une meilleure orientation de l’épargne des ménages vers l’investissement productif ;
- ainsi qu’un renforcement des politiques favorisant l’emploi et la formation.
Le FMI considère également que l’approfondissement du marché unique européen pourrait renforcer la compétitivité et la résilience de l’économie française.
Un secteur financier jugé solide
Le FMI juge enfin que le secteur bancaire français reste résilient grâce à des niveaux de capitalisation solides, une rentabilité en amélioration et un faible niveau de risque de crédit.
L’institution appelle néanmoins les autorités à maintenir une surveillance étroite des risques émergents, notamment ceux liés aux institutions financières non bancaires, au crédit privé et aux cybermenaces associées à l’intelligence artificielle.
Selon le FMI, un cadre cohérent de réformes budgétaires, structurelles et financières sera essentiel pour soutenir une croissance durable et préserver la stabilité économique de la France dans les années à venir.







