Le Burkina Faso a décidé de lever l’interdiction d’exportation de tomates fraîches, deux semaines après avoir suspendu la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE). Cette décision marque un retour progressif à la normale dans la filière.
Une levée de restriction après une amélioration de l’approvisionnement
Dans un communiqué publié le 31 mars 2026, les ministères en charge du Commerce et de l’Agriculture ont annoncé la reprise des exportations. Selon les autorités, la situation s’est améliorée, avec un niveau d’approvisionnement désormais jugé satisfaisant pour les unités de transformation locales.
Les acteurs de la filière ont également pris des engagements pour garantir la disponibilité des quantités nécessaires au marché intérieur. Le gouvernement appelle ainsi producteurs et commerçants à respecter ces engagements afin de préserver l’équilibre entre exportations et transformation locale.
Un soulagement pour le Ghana
La décision a été saluée par le Ghana, principal importateur de tomates fraîches burkinabè. Les autorités ghanéennes estiment que cette reprise contribuera à stabiliser l’approvisionnement et à atténuer les tensions sur les prix observées ces derniers mois, notamment dans les grandes villes.
Cette évolution est également le fruit de discussions bilatérales entre les deux pays, notamment entre la ministre ghanéenne Elizabeth Ofosu-Adjare et ses homologues burkinabè, en marge d’une réunion de Organisation mondiale du commerce à Yaoundé.
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Une dépendance marquée aux importations
Les échanges entre les deux pays illustrent l’importance stratégique de cette filière. En 2023, le Ghana a importé plus de 107 000 tonnes de tomates fraîches en provenance du Burkina Faso, selon les données du World Integrated Trade Solution de la Banque mondiale.
D’après le think tank IMANI Center for Policy and Education, ces importations couvrent environ 90 % des besoins du Ghana, pour une facture annuelle dépassant 400 millions de dollars.
Un équilibre à préserver entre export et transformation
La levée de l’interdiction illustre la volonté des autorités burkinabè de concilier deux objectifs : soutenir les exportations, sources de revenus pour les producteurs, tout en garantissant l’approvisionnement des industries locales.
Dans ce contexte, le Burkina Faso devra maintenir une gestion équilibrée de sa production afin de répondre à la demande régionale tout en développant sa capacité de transformation agro-industrielle.







