Burkina Faso : le FMI approuve un nouveau décaissement de plus de 76 millions de DTS et renforce son soutien au pays
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la cinquième revue du programme du Burkina Faso au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et la première revue de l’accord conclu dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision permet un décaissement immédiat de 76,62 millions de DTS (droits de tirage spéciaux), tout en augmentant de 50 % l’accès du pays à la FEC afin de renforcer son soutien face aux chocs extérieurs.
L’institution financière a ainsi autorisé un décaissement de 60,20 millions de DTS au titre de la FEC, portant à 180,60 millions de DTS le montant total déjà versé dans le cadre de ce programme quadriennal approuvé en septembre 2023. À cela s’ajoute un décaissement de 16,42 millions de DTS au titre de la FRD, destinée à accompagner les réformes liées à la résilience climatique.
Une économie portée par l’or et une forte discipline budgétaire
Le FMI souligne que l’économie burkinabè a affiché une résilience remarquable en 2025 malgré un contexte sécuritaire et humanitaire toujours difficile. Soutenue par la hausse des cours de l’or et les réformes engagées dans le secteur minier, la croissance du PIB réel a atteint 5,3 %, tandis que l’inflation moyenne est ressortie à -0,5 %, grâce notamment au recul des prix des denrées alimentaires et de l’énergie.
Les exportations aurifères ont également permis un net redressement de la balance extérieure. Le compte courant est ainsi passé d’un déficit de 3,5 % du PIB en 2024 à un excédent de 6,3 % du PIB en 2025.
Sur le plan budgétaire, les performances ont dépassé les attentes du Fonds. Le déficit budgétaire global a été ramené à 1,8 % du PIB en 2025, contre 5,8 % un an auparavant, alors que le programme prévoyait un objectif de 4 %. Cette amélioration offre aux autorités une marge de manœuvre supplémentaire pour faire face aux chocs économiques.
Le FMI augmente son soutien financier
Face aux conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient, notamment sur les prix de l’énergie et des engrais, le Conseil d’administration a approuvé une augmentation de l’accès au programme FEC.
L’enveloppe totale du programme passe ainsi à 288,96 millions de DTS, soit 240 % de la quote-part du Burkina Faso au FMI. Selon l’institution, ces ressources additionnelles permettront d’atténuer les effets des perturbations sur les importations d’énergie et d’intrants agricoles tout en préservant la dynamique des réformes économiques.
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Des réformes jugées satisfaisantes
Le FMI estime que la mise en œuvre du programme économique demeure solide. Tous les critères de réalisation quantitatifs ont été respectés, à l’exception de deux objectifs indicatifs, tandis que l’ensemble des repères structurels prévus ont été atteints.
Les autorités ont notamment poursuivi les réformes visant à renforcer la gouvernance, améliorer la mobilisation des recettes fiscales et moderniser la gestion des finances publiques.
Dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, le Burkina Faso a également rempli les deux premières mesures prévues, avec l’adoption d’une stratégie nationale de financement des risques de catastrophe et la publication de cartes nationales des risques climatiques.
Des risques extérieurs toujours importants
Malgré ces performances, le FMI estime que les perspectives économiques restent soumises à des risques importants. Le Burkina Faso demeure particulièrement exposé à la hausse des prix internationaux du pétrole, du gaz et des engrais, conséquence des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
L’institution appelle également à la prudence face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et à la baisse des financements internationaux destinés à l’aide humanitaire.
Poursuivre les réformes pour préserver la stabilité
Le Conseil d’administration encourage les autorités à poursuivre le rééquilibrage budgétaire à moyen terme tout en protégeant les dépenses prioritaires consacrées à la santé, à l’éducation et à la protection sociale.
Le FMI recommande également de renforcer davantage la mobilisation des recettes intérieures, d’améliorer la gouvernance, de privilégier les financements concessionnels pour la dette publique et de mettre en place un cadre budgétaire capable d’atténuer les effets de la forte volatilité des cours de l’or.
L’institution insiste enfin sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles afin de favoriser une croissance plus inclusive, améliorer le climat des affaires, renforcer le secteur bancaire et accélérer les investissements destinés à accroître la résilience du pays face aux changements climatiques.







