Blanchiment d’argent : les pays africains à risque en 2025 (Basel AML Index)
Le Basel AML Index 2025 dresse un panorama contrasté du risque de blanchiment d’argent en Afrique. Si la région subsaharienne enregistre une amélioration notable, plusieurs pays demeurent fortement vulnérables face aux crimes financiers.
Selon ce classement publié par The Basel Institute on Governance, près de 70 % des pays d’Afrique subsaharienne ont amélioré leurs scores cette année, et 7 des 10 pays ayant le plus progressé au niveau mondial sont issus de cette zone. Mais les écarts entre États restent importants.
Les pays africains les plus exposés au risque de blanchiment en 2025
Dans le rapport 2025, les États africains suivant affichent les niveaux de risque les plus élevés :
- République démocratique du Congo (7,63 points – 3ᵉ mondial)
- Tchad (4ᵉ mondial)
- Guinée équatoriale (5ᵉ)
- Gabon (8ᵉ)
- Centrafrique (9ᵉ)
- Guinée-Bissau (10ᵉ)
- République du Congo (11ᵉ)
- Djibouti (13ᵉ)
- Niger (14ᵉ)
- Algérie (15ᵉ)
Ces pays cumulent un ensemble de vulnérabilités structurelles :
- faiblesse des cadres réglementaires,
- risques élevés de corruption,
- manque de transparence financière,
- gouvernance fragile,
- instabilité juridique et politique.
Les pays africains les moins exposés
À l’opposé du classement, trois pays seulement entrent dans la catégorie à faible risque (moins de 4,70 points) :
- Botswana (4,12)
- Seychelles
- Maurice
Ils sont suivis par d’autres pays mieux notés comme :
Tunisie, Namibie, Maroc, Ghana, Égypte, Zambie et Sénégal.
Ces États bénéficient généralement :
- de cadres réglementaires mieux structurés,
- d’institutions financières plus solides,
- d’une gouvernance plus stable et transparente.
Pourquoi ces scores évoluent-ils ?
Le Basel AML Index repose sur 17 indicateurs, regroupés en cinq grandes catégories pondérées :
- Lutte anti-blanchiment (50%)
- Corruption et fraudes (17,5%)
- Transparence financière (17,5%)
- Transparence de l’action publique (5%)
- Risques politiques et juridiques (10%)
L’amélioration observée en 2025 découle notamment du retrait de 6 pays africains de la liste grise du GAFI, preuve d’efforts accrus dans la régulation, la surveillance et la transparence.
L’Afrique subsaharienne a enregistré un score moyen encore élevé de 6,14 points, mais la dynamique est clairement positive.
Les pays africains ayant le plus progressé
Parmi les pays les plus performants au niveau mondial, 7 sur 10 sont africains :
- Liberia
- Mozambique
- Burkina Faso
- Nigeria
- Mali
- Tanzanie
- Côte d’Ivoire
Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire sont même passés du risque élevé au risque moyen, démontrant des avancées réglementaires et institutionnelles significatives.
Une région encore vulnérable malgré les progrès
Sur les 48 pays africains évalués :
- 25 restent classés à risque élevé
- 20 à risque moyen
- seulement 3 à faible risque
L’Afrique demeure l’une des régions où la lutte contre le blanchiment d’argent est la plus critique, mais la tendance positive observée en 2025 suggère des efforts soutenus.
Perspectives : entre progrès structurels et défis persistants
Malgré les améliorations, les risques de corruption, la faiblesse des institutions judiciaires et l’instabilité de plusieurs États continuent d’alimenter la vulnérabilité du continent.
La consolidation des cadres réglementaires, le renforcement des capacités nationales et l’intégration des standards du GAFI seront déterminants dans les années à venir.









































