Les tensions entre Barrick Gold, géant canadien de l’extraction d’or, et le gouvernement malien prennent une nouvelle ampleur. Selon des informations révélées par Reuters, environ trois tonnes d’or ont été saisies et retirées du complexe minier de Loulo-Gounkoto par les autorités maliennes samedi dernier. Cette saisie serait évaluée à environ 245 millions de dollars, d’après une des sources.
Des sources proches de l’affaire ont indiqué que les autorités maliennes n’ont pas précisé où l’or saisi a été transporté, ajoutant une couche d’opacité à cette affaire. Barrick Gold, cotée à la Bourse de Toronto sous le symbole ABX.TO, n’a pas encore commenté cet événement majeur qui menace de perturber ses opérations dans le pays.
La saisie intervient dans un contexte où Barrick et le gouvernement malien sont en désaccord depuis plusieurs années sur les nouvelles règles minières imposées par le pays. Ces différends concernent notamment le partage des bénéfices et les obligations contractuelles liées à l’exploitation des ressources naturelles.
Le Mali, dont l’économie repose fortement sur les exportations d’or, fait face à un défi délicat. D’une part, il cherche à renforcer son contrôle sur les ressources stratégiques pour augmenter les retombées économiques nationales. D’autre part, de telles actions risquent de refroidir l’intérêt des investisseurs étrangers, essentiels pour le développement du secteur minier.
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Pour Barrick Gold, cette saisie représente une escalade dans un climat déjà tendu. Le complexe minier de Loulo-Gounkoto, détenu à 80 % par Barrick et à 20 % par l’État malien, est une des principales sources de production de l’entreprise en Afrique.
La saisie de ces stocks d’or et l’absence de communication officielle de la part des autorités maliennes ou de Barrick Gold soulèvent des questions quant à la pérennité des investissements miniers étrangers dans le pays.
Les observateurs s’interrogent désormais sur l’impact de cette saisie sur les relations entre le Mali et ses partenaires étrangers. Une solution négociée apparaît indispensable pour éviter une escalade et préserver le rôle crucial de l’industrie minière dans l’économie nationale.
Alors que le silence de Barrick Gold laisse planer le doute, les regards restent tournés vers les autorités maliennes pour des éclaircissements sur cette action spectaculaire.







