La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) veut accélérer le développement du marché boursier de la CEMAC. La banque centrale prévoit d’élaborer une feuille de route destinée à accompagner les institutions financières de la sous-région dans leur introduction à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC).
L’initiative intervient alors que le compartiment actions de la BVMAC demeure peu fourni, avec seulement sept titres cotés. Pour la BEAC, l’arrivée de nouveaux émetteurs, notamment dans le secteur financier, permettrait à la fois d’élargir les possibilités d’investissement et de faciliter l’accès des institutions à de nouvelles sources de fonds propres.
Une feuille de route pour préparer les candidats à la BVMAC
Dans le cadre du Projet d’appui au renforcement des capacités des institutions financières régionales de la CEMAC (PASFIC), la BEAC a lancé un appel à manifestation d’intérêt afin de recruter un consultant chargé de concevoir cette feuille de route.
La mission consistera à établir les conditions et les différentes étapes nécessaires à une introduction en Bourse. Le consultant devra notamment identifier les institutions financières susceptibles d’intégrer le marché, évaluer leur niveau de préparation et déterminer les actions à engager avant leur éventuelle admission à la BVMAC.
L’étude portera sur plusieurs dimensions : critères d’éligibilité, solidité et maturité financières, organisation et gouvernance, exigences réglementaires, ainsi que procédures à respecter pour accéder au marché régional.
L’objectif est également d’identifier les mesures d’accompagnement nécessaires pour permettre aux institutions sélectionnées de mener à bien leur processus d’introduction en Bourse.
La BEAC veut élargir le marché des actions de la CEMAC
Au-delà de l’accompagnement technique des futurs candidats, cette initiative répond à un enjeu plus large : renforcer l’attractivité du marché financier régional.
Avec seulement sept titres cotés, la BVMAC dispose encore d’un nombre limité d’opportunités sur son compartiment actions. L’introduction de nouvelles institutions financières pourrait contribuer à diversifier cette offre et à accroître les possibilités d’investissement pour les acteurs présents dans les six économies de la CEMAC.
Pour les établissements concernés, une cotation peut également constituer un moyen de diversifier leurs sources de financement. En accédant au marché des capitaux, ils peuvent potentiellement mobiliser des fonds propres auprès d’un éventail plus large d’investisseurs, en complément des financements bancaires ou des apports de leurs actionnaires historiques.
Cette démarche pourrait ainsi contribuer à renforcer progressivement le rôle du marché financier régional dans le financement de l’économie.
Une initiative qui prolonge les actions engagées en 2026
La démarche de la BEAC ne constitue pas une première intervention en faveur des introductions en Bourse. En mars 2026, la banque centrale avait déjà lancé un mécanisme destiné à réduire une partie des coûts liés à l’introduction d’entreprises à la BVMAC.
Une enveloppe de 223 780 dollars, issue du Fonds d’appui au secteur privé africain (FAPA) de la Banque africaine de développement, avait été mobilisée dans le cadre de ce dispositif.
En juillet 2026, quatre entreprises avaient été retenues pour bénéficier de cet accompagnement : Cameroon Hotel Corporation et Samba’a Assurances au Cameroun, ainsi que Gabon Power Company et Façade Maritime Champ Triomphal au Gabon.
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Le financement doit notamment couvrir certains coûts liés à l’examen des dossiers par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) et à l’admission à la BVMAC, ainsi que des dépenses juridiques et comptables.
Vers un élargissement de la base d’émetteurs
Avec cette nouvelle feuille de route, la BEAC cherche désormais à intervenir plus en amont. Il ne s’agit plus seulement de réduire les coûts d’une introduction, mais d’identifier les institutions financières susceptibles d’être candidates et de mesurer leur capacité à accéder au marché.
Cette approche pourrait permettre de mieux structurer le vivier d’émetteurs potentiels et d’identifier, pour chacun d’eux, les réformes ou ajustements nécessaires avant une cotation.
La réussite de l’initiative dépendra toutefois de la capacité à transformer les intentions en introductions effectives. La préparation financière, la gouvernance, la transparence de l’information, la conformité réglementaire et l’intérêt des investisseurs seront autant de facteurs déterminants.
À terme, l’arrivée de nouvelles institutions financières à la BVMAC pourrait contribuer à approfondir le marché régional des capitaux, à diversifier les instruments accessibles aux investisseurs et à renforcer les possibilités de financement en fonds propres des entreprises de la CEMAC.
Pour la BEAC, l’enjeu est donc de créer les conditions permettant au marché boursier régional de jouer un rôle plus important dans le financement à long terme du développement économique de la sous-région.







