PISA 2025 : Maurice domine le classement africain, le Rwanda ferme la marche
Les performances des élèves africains restent largement en retrait dans le classement PISA 2025 publié mardi 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Sur les cinq pays africains évalués, Maurice réalise la meilleure performance du continent, tandis que le Rwanda occupe la dernière position dans les trois disciplines évaluées.
L’édition 2025 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves a concerné 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays et économies. Elle confirme également la domination des systèmes éducatifs asiatiques, notamment en mathématiques et en sciences.
Maurice, meilleur élève africain
Maurice se distingue nettement parmi les pays africains participants. L’île se classe 57e en mathématiques avec 407 points, 47e en sciences avec 438 points et 55e en compréhension de l’écrit avec 405 points.
Ces résultats restent inférieurs aux moyennes de l’OCDE, mais permettent à Maurice de devancer plusieurs pays participants, notamment la Malaisie, le Brésil et l’Arabie saoudite.
Cette performance conforte la position de l’île Maurice parmi les systèmes éducatifs africains les plus performants mesurés par PISA.
Le Maroc en difficulté
Le Maroc affiche des résultats nettement plus faibles. Seul pays d’Afrique du Nord évalué dans cette édition, il se classe 80e en mathématiques avec 355 points, 83e en sciences avec 358 points et 87e en lecture avec 321 points.
L’écart avec la moyenne de l’OCDE est particulièrement important dans les trois disciplines.
Ces résultats mettent une nouvelle fois en évidence les difficultés rencontrées par le système éducatif marocain et devraient alimenter les débats sur la qualité des apprentissages et les réformes à engager.
Kenya, Zambie et Rwanda dans le dernier tiers
En Afrique subsaharienne, les résultats sont également préoccupants.
Le Kenya se classe 88e en mathématiques avec 326 points et 88e en lecture avec 320 points.
La Zambie occupe pour sa part la 89e place en mathématiques avec 314 points.
Le Rwanda ferme le classement. Il se classe 90e en mathématiques avec 312 points, 91e en sciences avec 317 points et 91e en lecture avec 301 points.
Ces résultats placent les cinq pays africains participants dans le dernier tiers du classement mondial.
Une moyenne OCDE en net recul
Au-delà du classement africain, l’édition 2025 de PISA révèle une dégradation préoccupante des performances scolaires dans les pays de l’OCDE.
La moyenne en lecture a diminué de 28 points entre 2015 et 2025, soit environ l’équivalent d’une année et demie d’apprentissage. En mathématiques, le recul atteint 22 points, représentant un peu plus d’une année d’apprentissage.
Dans la zone OCDE, un élève de 15 ans sur cinq présente désormais un niveau insuffisant simultanément en sciences, en mathématiques et en lecture.
Le constat est d’autant plus préoccupant que les performances moyennes enregistrées en mathématiques et en lecture constituent les niveaux les plus faibles observés depuis le lancement de PISA en 2000.
L’Asie continue de dominer
À l’autre extrémité du classement, les systèmes éducatifs asiatiques continuent de s’imposer.
En mathématiques, les provinces chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang arrivent en tête avec 612 points, devant Singapour avec 563 points, Macao avec 549 points et Taïwan avec 546 points.
En sciences, la Chine arrive également en tête avec 597 points.
Singapour domine en revanche la compréhension de l’écrit avec 535 points.
Le Japon, la Corée du Sud, l’Estonie ainsi que plusieurs autres systèmes éducatifs asiatiques et européens figurent également parmi les meilleurs.
L’Afrique face au défi de la qualité des apprentissages
Les résultats du PISA 2025 mettent surtout en évidence l’ampleur du défi éducatif auquel fait face l’Afrique.
Le continent a enregistré d’importants progrès en matière d’accès à l’éducation au cours des dernières décennies. Mais la progression de la scolarisation ne s’est pas toujours accompagnée d’une amélioration comparable des acquis fondamentaux.
Formation des enseignants, conditions d’apprentissage, infrastructures, ressources pédagogiques et langue d’instruction figurent parmi les principaux enjeux auxquels les systèmes éducatifs africains doivent répondre.
La participation limitée des pays africains à PISA constitue également une difficulté. Sur 54 pays que compte le continent, seuls cinq apparaissent dans cette édition.
Or, l’évaluation internationale permet de comparer les performances, d’identifier les faiblesses et de mesurer les effets des politiques publiques.
Le numérique, un nouveau défi pour les écoles
L’édition 2025 accorde également une place importante à l’utilisation des technologies numériques et de l’intelligence artificielle dans l’éducation.
Les résultats montrent notamment que l’utilisation excessive des outils numériques à des fins récréatives est associée à de moins bonnes performances scolaires.
L’IA peut toutefois constituer un outil d’apprentissage lorsqu’elle est utilisée avec des objectifs précis et lorsque les élèves sont formés à évaluer la qualité des informations qu’elle fournit.
Pour les systèmes éducatifs africains, l’enjeu sera donc de profiter des possibilités offertes par les technologies sans négliger les fondamentaux : lire, écrire, compter, comprendre et raisonner.
Un diagnostic qui appelle davantage d’investissements
Le classement PISA 2025 ne constitue pas seulement un palmarès international. Il met en évidence les écarts considérables entre les systèmes éducatifs et souligne l’importance de politiques publiques ciblées.
Pour l’Afrique, l’urgence consiste désormais à améliorer la qualité des apprentissages tout en élargissant la participation aux évaluations internationales.
Maurice montre qu’un pays africain peut se rapprocher des meilleurs systèmes de la région. Mais les résultats du Kenya, de la Zambie, du Maroc et surtout du Rwanda rappellent l’ampleur du travail restant à accomplir.
Le prochain cycle PISA permettra de mesurer si les réformes engagées par les différents pays commencent à produire des résultats durables.








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