La Barbade consolide sa reprise économique grâce au dynamisme du tourisme, à l’assainissement de ses finances publiques et à la poursuite des réformes structurelles. C’est le constat de la dernière note d’information publiée par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), qui analyse les perspectives macroéconomiques de l’île, ses échanges commerciaux, son secteur financier et la trajectoire de sa dette publique.
Selon cette analyse, l’économie barbadienne a enregistré une croissance moyenne de 5,6 % entre 2021 et 2026, portée par la reprise du tourisme après la pandémie de Covid-19. Pour les prochaines années, la progression du produit intérieur brut (PIB) devrait toutefois ralentir, tout en restant positive.
Barbade : une croissance soutenue par le tourisme
Après le rebond enregistré à la suite de la pandémie, la croissance économique de la Barbade devrait atteindre 1,9 % en 2026, puis 2,3 % en 2027.
Ces perspectives reposent notamment sur la résilience des flux touristiques, un portefeuille solide de projets d’investissement et des mesures publiques ciblées en faveur des ménages et des entreprises.
Le tourisme demeure ainsi un moteur essentiel de l’activité économique et des recettes extérieures du pays. La progression de ce secteur contribue également à soutenir les échanges de services et à renforcer la capacité de l’économie à résister aux chocs.
Le programme BERT accompagne les réformes économiques
La transformation économique de la Barbade s’appuie notamment sur le programme de relance et de transformation économiques (BERT), soutenu par le Fonds monétaire international (FMI).
Le programme BERT initial s’est achevé en 2025. En juin 2026, le conseil d’administration du FMI a approuvé un nouvel accord de confirmation à titre de précaution, d’une durée de 36 mois et d’un montant de 257 millions de dollars.
Ce dispositif vise à soutenir la prochaine phase des réformes structurelles du pays. Pour Afreximbank, cette évolution témoigne de la confiance des partenaires internationaux dans les résultats obtenus par les autorités barbadiennes et dans leur engagement à bâtir une économie plus résiliente et diversifiée.
Lire aussi : Afreximbank : un financement de 100 millions USD pour Bahamas
La dette publique ramenée à 96 % du PIB
L’assainissement des finances publiques constitue l’un des principaux acquis mis en avant dans la note d’Afreximbank. La dette publique est passée de 104,1 % du PIB à la fin de l’exercice 2023/2024 à 96 % du PIB à la fin de mars 2026.
Cette évolution a notamment été soutenue par un excédent budgétaire primaire équivalant à 4,2 % du PIB au cours de l’exercice 2025/2026.
À moyen terme, le gouvernement entend maintenir des excédents primaires de 3,5 % du PIB. Cette stratégie doit permettre de poursuivre la réduction de l’endettement et d’atteindre un ratio de dette publique de 60 % du PIB à l’horizon de l’exercice 2035/2036.
Le FMI estime par ailleurs que le risque global de crise souveraine de la Barbade est modéré, reflétant les résultats obtenus de manière constante dans la conduite des politiques économiques.
Les échanges commerciaux poursuivent leur progression
La position extérieure de la Barbade s’est également renforcée au cours des dernières années. La valeur totale des échanges de biens et de services est passée de 4,1 milliards de dollars en 2018 à 5,5 milliards en 2024.
Selon les projections présentées dans la note, ce montant devrait atteindre 6,3 milliards de dollars en 2026.
Les services occupent une place centrale dans cette dynamique, grâce notamment aux recettes touristiques. Au premier trimestre 2026, les flux touristiques ont progressé de 3,7 %, tandis que le nombre d’arrivées de navires de croisière a augmenté de 30 % sur un an.
Ces évolutions confortent le rôle du tourisme dans la résilience économique de l’île et dans la progression de ses échanges extérieurs.
BiMPay : un nouveau pas vers la modernisation financière
Le secteur financier barbadien bénéficie également de mesures destinées à améliorer son efficacité et à renforcer l’inclusion financière.
En juin 2026, la Banque centrale de la Barbade a lancé BiMPay, un système national de paiement instantané permettant d’effectuer des règlements 24 heures sur 24.
Cette infrastructure vise à faciliter les paiements et à moderniser les mécanismes de transaction au sein de l’économie. Elle s’inscrit dans une série d’initiatives destinées à consolider la résilience du système financier et à élargir l’accès aux services de paiement.
Afreximbank voit des perspectives pour le financement du commerce
Commentant les conclusions de la note, Yemi Kale, économiste en chef du Groupe Afreximbank et directeur général chargé de la recherche et de l’intelligence commerciale, a souligné l’attractivité croissante de l’économie barbadienne.
Selon lui, les fondamentaux économiques du pays, la stabilité de sa gouvernance et ses liens régionaux étroits en font un partenaire de plus en plus intéressant pour le financement du commerce et la coopération au développement dans les Caraïbes.
À travers cette analyse, Afreximbank met ainsi en avant une économie qui cherche à consolider ses acquis budgétaires, à poursuivre ses réformes et à tirer parti du tourisme et de la modernisation financière pour soutenir sa croissance à long terme.







