Banque africaine de développement : le financement axé sur les résultats gagne du terrain en Afrique australe
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) accélère le déploiement du financement axé sur les résultats (FAR) en Afrique australe, avec une logique simple : pas de résultats vérifiés, pas de décaissement.
Cette approche innovante place la performance au cœur du financement public et conditionne le déblocage des fonds à l’atteinte effective d’objectifs de développement mesurables.
Un atelier régional pour renforcer les capacités en Afrique australe
Dans cette dynamique, la Banque africaine de développement a organisé un atelier régional de trois jours à Pretoria, en Afrique du Sud.
La rencontre a réuni :
• des spécialistes de la Banque ;
• des représentants gouvernementaux ;
• des experts sectoriels.
L’objectif était double :
• renforcer les capacités techniques des acteurs ;
• développer un pipeline concret de projets FAR dans cinq pays d’Afrique australe :
o Afrique du Sud
o Angola
o Mozambique
o Namibie
o Botswana
Le financement basé sur la performance au cœur de la stratégie
Le financement axé sur les résultats repose sur un principe strict : les fonds ne sont décaissés qu’après vérification indépendante des résultats convenus.
Cette approche privilégie :
• l’impact réel des projets ;
• l’efficacité des dépenses publiques ;
• la responsabilité des institutions.
Contrairement aux financements traditionnels centrés sur les ressources mobilisées ou les activités réalisées, le FAR met l’accent sur des résultats concrets et mesurables.
Un instrument déjà déployé dans 12 pays africains
Adopté par la BAD en 2017, le FAR a déjà été utilisé dans :
• 22 opérations
• réparties dans 12 pays africains.
Selon une évaluation indépendante menée en 2024, cet instrument a démontré son potentiel pour :
• renforcer la redevabilité ;
• améliorer la qualité des services publics ;
• optimiser l’utilisation des ressources publiques.
L’étude a toutefois souligné la nécessité :
• d’améliorer les compétences internes ;
• de constituer un pipeline plus solide de projets prêts au financement.
Des secteurs stratégiques ciblés
Les pays participants explorent actuellement des projets FAR dans plusieurs secteurs prioritaires :
• énergie ;
• services sociaux ;
• eau et assainissement.
L’atelier de Pretoria a permis aux équipes de travailler sur tout le cycle opérationnel du financement axé sur les résultats :
• conception des cadres de résultats ;
• exigences fiduciaires ;
• sauvegardes environnementales et sociales ;
• mécanismes de décaissement ;
• retours d’expérience des projets existants.
Des sessions pratiques ont également été organisées pour identifier des projets concrets susceptibles d’intégrer rapidement le pipeline régional.
Une montée en puissance continentale
L’atelier de Pretoria constituait la quatrième et dernière étape d’une série continentale menée par la BAD en 2025-2026, après des sessions organisées en :
• Égypte ;
• Nigeria ;
• Kenya.
Cette initiative est pilotée par le Département stratégie et politiques opérationnelles de la Banque, en collaboration avec plusieurs départements techniques.
Pour Moono Mupotola, directrice générale adjointe pour l’Afrique australe, la demande régionale est en forte progression.
« Il existe une demande croissante pour des approches de financement qui renforcent la responsabilité, consolident les systèmes nationaux et garantissent des résultats mesurables et durables. »
Une nouvelle culture du financement public
À travers le financement axé sur les résultats, la Banque africaine de développement cherche à transformer la manière dont les projets publics sont conçus et financés en Afrique.
L’ambition est claire : renforcer l’impact du financement du développement en privilégiant la performance, la transparence et les résultats tangibles au bénéfice des populations africaines.






