Afrique : le recyclage des actifs publics au cœur du financement des infrastructures
Plusieurs ministres africains, responsables d’institutions financières internationales et acteurs du secteur privé ont plaidé, le 24 mai à Brazzaville, pour une utilisation plus stratégique des actifs publics afin de financer les infrastructures du continent.
Les échanges ont eu lieu lors d’une table ronde consacrée au thème « Transformer les actifs publics en capital : débloquer le potentiel de recyclage des actifs en Afrique », organisée par Africa50 en partenariat avec le Groupe de la Banque africaine de développement, dans le cadre des Assemblées annuelles 2026 de l’institution.
Un mécanisme pour financer de nouvelles infrastructures
Le recyclage des actifs consiste pour les États à valoriser ou céder certains actifs publics déjà matures — ports, routes, aéroports ou infrastructures énergétiques — afin de mobiliser des ressources destinées au financement de nouveaux projets.
Les participants ont estimé que cette approche pourrait contribuer à réduire le déficit de financement des infrastructures africaines, évalué par la Banque africaine de développement à environ 150 milliards de dollars par an.
Selon eux, ce mécanisme permettrait également d’attirer davantage d’investissements privés dans des secteurs stratégiques pour la croissance économique du continent.
La BAD appelle à accélérer les projets
Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a souligné que le recyclage des actifs publics constitue un levier important pour mobiliser des capitaux privés et des expertises techniques.
Il a appelé les pays africains à passer « du concept au pipeline, du pipeline aux transactions, puis des transactions à une plateforme continentale de recyclage des actifs ».
L’objectif affiché est de rendre ces opérations plus attractives pour les investisseurs tout en garantissant leur impact sur le développement.
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Sénégal, Côte d’Ivoire et Mauritanie avancent leurs pistes
Le ministre sénégalais de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a indiqué qu’un inventaire récent des actifs publics au Sénégal avait montré qu’environ 40 % d’entre eux pourraient être recyclés afin de réduire le déficit budgétaire et alléger la dette publique.
En Côte d’Ivoire, le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a mis en avant la nécessité de renforcer les réformes pour attirer davantage d’investisseurs privés. Il a également évoqué le rôle du fonds souverain ivoirien dans le financement des infrastructures.
De son côté, la Mauritanie mise notamment sur ses infrastructures portuaires et énergétiques comme actifs stratégiques capables de soutenir les investissements structurants et le développement des PME.
Le secteur privé et les partenaires financiers appelés à jouer un rôle central
Le président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, Abdullah Almusaibeeh, a affirmé que son institution restait ouverte aux partenariats avec le secteur privé pour accompagner les États africains dans la mobilisation de ressources innovantes.
Le directeur général de African Trade & Investment Development Insurance, Manuel Moses, a quant à lui insisté sur la nécessité de mieux sécuriser les actifs publics susceptibles d’être recyclés et de réinvestir les revenus générés dans des secteurs prioritaires pour les populations.
Des projets mieux préparés pour attirer les investisseurs
Les participants ont également souligné l’importance de constituer des portefeuilles de projets crédibles et bien préparés afin de rassurer les investisseurs.
Dans un contexte marqué par l’endettement élevé de plusieurs États africains, le recyclage des actifs publics apparaît de plus en plus comme une alternative pour financer durablement les infrastructures sans accroître excessivement la pression sur les finances publiques.







