Lomé mobilise l’Afrique de l’Ouest et centrale autour de la nutrition et de la petite enfance
Des ministres et hauts représentants de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre se sont réunis cette semaine à Lomé pour accélérer les investissements en faveur de la nutrition et du développement de la petite enfance, considérés comme des leviers essentiels pour renforcer le capital humain et soutenir la croissance économique du continent.
Cette rencontre régionale a rassemblé gouvernements, partenaires au développement et acteurs de la société civile autour d’un objectif commun : faire de la nutrition maternelle et infantile ainsi que du développement des jeunes enfants des priorités stratégiques nationales.
Des progrès insuffisants face aux défis nutritionnels
Malgré une amélioration progressive, les indicateurs nutritionnels demeurent préoccupants dans la région. La prévalence du retard de croissance chez les enfants est passée de 40 % en 2000 à 33 % en 2024 en Afrique de l’Ouest et du Centre, mais ce rythme reste insuffisant pour atteindre l’objectif mondial de réduction de 40 % des retards de croissance d’ici 2030.
Les participants ont souligné que la malnutrition continue de compromettre le développement cognitif et physique des enfants, réduisant à terme leur productivité et freinant la compétitivité économique des pays africains.
Le Togo met en avant ses initiatives
Pays hôte de la conférence, le Togo a réaffirmé son engagement en faveur de la nutrition et du développement de la petite enfance.
« Le gouvernement togolais a fait de la nutrition et du développement de la petite enfance une priorité d’action, et pas seulement un engagement », a déclaré Martine Moni Sankaredja, ministre de la Solidarité, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance.
Selon elle, le pays a multiplié les investissements et les innovations dans ce domaine, tout en reconnaissant la persistance de défis à relever.
Investir dès la grossesse pour bâtir le capital humain
Les experts présents à Lomé ont insisté sur la rentabilité économique et sociale des investissements réalisés durant les premières années de vie, de la grossesse jusqu’à l’âge de cinq ans.
Ces investissements permettent notamment de :
• réduire les cycles intergénérationnels de pauvreté ;
• améliorer les capacités d’apprentissage des enfants ;
• renforcer la productivité future ;
• soutenir une croissance inclusive et durable.
Pour Gordon Jonathan Lewis, directeur régional adjoint de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, investir dans la nutrition et la petite enfance figure parmi les interventions publiques les plus efficaces.
Un appel à des politiques multisectorielles renforcées
Les participants ont plaidé pour une meilleure coordination des politiques publiques entre plusieurs secteurs clés :
• santé ;
• agriculture et nutrition ;
• éducation ;
• eau et assainissement ;
• protection sociale.
Ils ont également insisté sur la nécessité de renforcer les systèmes nationaux afin de fournir des services de qualité à grande échelle, notamment dans les zones touchées par la pauvreté, les conflits et les déplacements forcés.
Banque mondiale et partenaires engagés
Le Groupe de la Banque mondiale, coorganisateur de la conférence avec le gouvernement togolais, a rappelé l’importance stratégique du capital humain pour le développement économique.
« Des enfants bien nourris apprennent mieux, deviennent des travailleurs plus productifs et soutiennent des économies plus compétitives », a indiqué Tony Verheijen, représentant résident de la Banque mondiale au Togo.
À l’issue des travaux, les ministres et chefs de délégation ont adopté un appel conjoint engageant les États à :
• accroître les ressources nationales dédiées à la nutrition et à la petite enfance ;
• explorer des mécanismes de financement innovants ;
• renforcer les capacités de la main-d’œuvre ;
• améliorer l’efficacité des dépenses publiques liées au capital humain.
Une dynamique régionale pour accélérer les résultats
La Conférence de Lomé s’inscrit dans le cadre stratégique du Nutrition and Early Years Advisory Group (NEYAG), mis en place conjointement par la Banque mondiale et l’UNICEF pour promouvoir une approche multisectorielle cohérente dans la région.
Soutenue par plusieurs partenaires internationaux, dont l’UNICEF, l’OMS, le PAM, l’UNESCO et le mouvement SUN, cette initiative vise à accélérer les progrès en matière de nutrition et de développement de la petite enfance dans toute l’Afrique de l’Ouest et centrale.







