Christophe Lecourtier nommé directeur général du groupe AFD
Le groupe Agence française de développement (AFD) ouvre un nouveau chapitre avec la prise de fonction, le 11 mai, de Christophe Lecourtier comme directeur général. Il succède à Rémy Rioux, qui dirigeait l’institution depuis 2016.
Sa nomination, proposée par le président de la République française et validée par une large majorité parlementaire, intervient dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes et une redéfinition des priorités de financement du développement.
Une nomination à un moment charnière pour l’AFD
Dans un environnement international bouleversé par les crises énergétiques, climatiques et géopolitiques, Christophe Lecourtier entend repositionner stratégiquement l’AFD autour de quatre axes prioritaires :
- impact renforcé ;
- meilleure visibilité ;
- efficacité opérationnelle ;
- exemplarité budgétaire.
L’objectif affiché est de consolider le rôle de l’AFD au service des populations vulnérables, des intérêts stratégiques français et des partenariats internationaux.
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Un profil entre diplomatie, économie et gestion publique
Ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, de Sciences Po Paris et de l’École nationale d’administration, Christophe Lecourtier débute sa carrière en 1991 au ministère français de l’Économie et des Finances.
Au fil des années, il occupe plusieurs postes stratégiques dans les relations économiques internationales et les cabinets ministériels, notamment auprès de :
- Simone Veil ;
- Francis Mer ;
- Nicolas Sarkozy ;
- Christine Lagarde.
En 2008, il prend la direction d’Ubifrance, avant de piloter la création puis la direction de Business France entre 2017 et 2022.
Premier ambassadeur à diriger l’AFD
Christophe Lecourtier devient le premier ambassadeur nommé à la tête du groupe AFD.
Sa carrière diplomatique l’a conduit comme ambassadeur de France en :
- Australie ;
- Serbie ;
- puis au Maroc depuis 2022.
Au Maroc, premier pays d’intervention du groupe AFD, il a joué un rôle important dans la relance de la relation bilatérale franco-marocaine, mêlant diplomatie, investissements et coopération.
Une AFD plus sélective et alignée sur les intérêts français
Devant le Parlement, Christophe Lecourtier a défendu le rôle stratégique de l’AFD face aux critiques récurrentes visant l’aide publique au développement.
« Plus qu’une petite Banque mondiale, l’AFD a vocation à être une grande agence française. »
Il a plaidé pour plusieurs évolutions stratégiques :
- renforcement du dialogue avec les ministères de tutelle et le Parlement ;
- meilleure articulation avec la politique étrangère française ;
- modernisation et simplification des processus ;
- concentration des financements sur les zones et secteurs à fort impact.
Un soutien affirmé du gouvernement français
Malgré un contexte budgétaire national contraint, l’AFD bénéficie d’un fort soutien politique.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a salué une dynamique nouvelle fondée sur des partenariats internationaux pragmatiques au service du climat, de la biodiversité et des intérêts stratégiques français.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a rappelé que financer le développement revient aussi à investir dans la stabilité mondiale et la sécurité des Français.
De son côté, Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des partenariats internationaux, a souligné le rôle central de l’AFD dans la transition d’une logique d’aide vers une logique d’investissements durables.
Une nouvelle phase pour le financement du développement
Avec l’arrivée de Christophe Lecourtier, l’AFD amorce un repositionnement visant à conjuguer solidarité internationale, efficacité financière et défense des intérêts mutuels entre la France, l’Union européenne et ses partenaires.
Cette nouvelle orientation intervient alors que le financement du développement s’impose comme une priorité croissante dans les enceintes internationales, notamment au sein du G7.







