Le Cameroun lève 300 millions de dollars sur les marchés internationaux
Le Cameroun vient de finaliser une nouvelle opération de financement sur les marchés internationaux. L’État a levé 300 millions de dollars, soit environ 174 milliards de FCFA, en procédant à la réouverture de son euro-obligation à échéance janvier 2033.
Cette opération, connue sous le nom de « tap » ou réouverture de souche, permet au gouvernement d’augmenter le montant d’une obligation déjà existante plutôt que d’émettre un nouveau titre.
Pour le Trésor camerounais, cette stratégie permet notamment de s’appuyer sur une obligation déjà connue des investisseurs internationaux et disposant d’un historique de cotation sur le marché secondaire.
L’encours de l’euro-obligation 2033 atteint 1,15 milliard de dollars
Avec cette nouvelle tranche de 300 millions de dollars, l’encours total de la souche obligataire arrivant à échéance en janvier 2033 passe de 850 millions à 1,15 milliard de dollars.
Le coupon nominal de l’obligation reste fixé à 8,875 %.
Toutefois, le coupon ne reflète pas à lui seul le coût réel du financement pour l’État. Celui-ci dépend également du prix auquel le titre est négocié sur le marché secondaire.
Récemment, l’euro-obligation camerounaise s’échangeait autour de 95,5 à 96 cents pour un dollar, avec un rendement proche de 10,1 %.
Cette différence entre le coupon et le rendement de marché constitue un indicateur important pour apprécier le coût effectif auquel le Cameroun accède aux financements internationaux.
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Standard Chartered arrange l’opération
L’opération a été arrangée par Standard Chartered, avec l’appui de Blend Finance et Horus Investment Group, qui interviennent comme conseils financiers de l’État camerounais.
La réouverture de la souche 2033 permet ainsi au Cameroun de mobiliser rapidement de nouvelles ressources tout en renforçant la liquidité d’un titre déjà présent sur les marchés internationaux.
À quoi serviront les 300 millions de dollars ?
Selon le ministère camerounais des Finances, les ressources mobilisées doivent permettre de financer les priorités budgétaires de l’exercice 2026.
Une partie de cette enveloppe doit également contribuer à poursuivre l’apurement des arriérés de paiement de l’État.
Cette nouvelle opération intervient après une première mobilisation de 750 millions de dollars en janvier 2026.
Au total, ces deux opérations permettent au Cameroun de couvrir une part importante de son programme annuel de financements extérieurs.
Une dette publique encore sous le seuil de 50 % du PIB
Cette nouvelle levée de fonds intervient alors que les questions liées à la soutenabilité de la dette restent au centre des discussions sur les finances publiques camerounaises.
Le Fonds monétaire international (FMI) considère la dette publique du Cameroun comme viable, tout en identifiant un risque élevé de surendettement.
Selon les données citées dans le cadre de la récente mission du FMI à Yaoundé, l’encours de la dette publique totale atteint environ 15 607 milliards de FCFA, soit près de 27 milliards de dollars.
La dette représente ainsi environ 44,3 % du PIB.
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Le Cameroun veut maintenir sa dette sous 50 % du PIB
Malgré ce niveau d’endettement, le ratio de dette publique camerounais reste inférieur au seuil de 70 % du PIB retenu au niveau de la CEMAC.
Le gouvernement maintient par ailleurs l’objectif de conserver le ratio d’endettement sous la barre des 50 % du PIB dans sa stratégie à moyen terme.
Mais le niveau de la dette n’est pas le seul indicateur surveillé.
La pression exercée sur les liquidités à court terme et l’augmentation du coût du service de la dette constituent également des facteurs de vigilance pour les finances publiques.
Le coût du financement reste un enjeu majeur
La nouvelle émission illustre ainsi le double enjeu auquel fait face le Cameroun : mobiliser les ressources nécessaires au financement de son budget tout en maîtrisant le coût de sa dette.
Le recours à une réouverture de souche permet de capitaliser sur un titre existant et de mobiliser des investisseurs déjà familiers avec la signature camerounaise.
Cependant, le rendement observé sur le marché secondaire montre également que le financement international demeure relativement coûteux.
Avec cette nouvelle levée de 300 millions de dollars, le Cameroun renforce donc ses capacités de financement pour 2026, tout en devant continuer à surveiller étroitement l’évolution de sa dette, de ses liquidités et du coût du service de la dette.







