Le G7 veut accélérer l’inclusion financière et numérique des femmes en Afrique
Sept ans après le lancement du Partenariat du G7 pour l’inclusion financière numérique des femmes en Afrique, les partenaires ont réaffirmé leur engagement à renforcer l’accès des femmes aux services financiers. Réunis le 23 juin à Paris à l’initiative de l’Agence française de développement, de la Direction générale du Trésor français et du Programme des Nations unies pour le développement, ils ont dressé le bilan des actions menées depuis 2019 et défini les priorités pour les prochaines années.
La rencontre a réuni des représentants des pays du G7, des institutions financières internationales, des banques centrales, des organisations de développement, ainsi que des acteurs du secteur privé engagés dans la promotion de l’inclusion financière.
Un accès aux services financiers encore inégal
Malgré les progrès réalisés, l’accès des femmes aux services financiers reste un défi majeur à l’échelle mondiale.
Selon les données présentées lors de la rencontre, 1,3 milliard d’adultes ne disposent toujours pas d’un compte bancaire, dont plus de la moitié sont des femmes. En Afrique subsaharienne, l’écart entre les hommes et les femmes en matière de détention d’un compte bancaire demeure de 12 points de pourcentage.
Pour les organisateurs, cette exclusion limite les possibilités d’entreprendre, d’investir, d’épargner ou encore de sécuriser les revenus des femmes.
Le mobile money, un levier majeur d’inclusion
Les participants ont souligné le rôle déterminant joué par le développement du mobile money sur le continent africain.
Grâce aux portefeuilles électroniques accessibles via les téléphones mobiles, des millions de femmes peuvent aujourd’hui effectuer des paiements, recevoir des transferts, épargner ou retirer de l’argent sans disposer d’un compte bancaire classique.
Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, la proportion de femmes utilisant un portefeuille électronique est ainsi passée de 37 % en 2011 à 73 % en 2024.
Les partenaires estiment toutefois que les innovations technologiques doivent être accompagnées de politiques publiques adaptées, d’infrastructures performantes et de services répondant aux besoins spécifiques des femmes.
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Sept années de coopération au sein du G7
Lancé par la France lors de sa présidence du G7 en 2019, le Partenariat du G7 pour l’inclusion financière numérique des femmes en Afrique vise à mobiliser les gouvernements, les institutions financières internationales, les banques centrales, les entreprises innovantes et les organisations de développement autour d’un objectif commun.
Selon Bertrand Dumont, cette initiative est née de la volonté de promouvoir une action concrète susceptible d’améliorer durablement les conditions de vie des femmes africaines.
Au fil des années, le partenariat a favorisé les échanges entre des acteurs tels que la Banque mondiale, UNCDF, J-PAL, Fondation Gates ou encore Wave Mobile Money.
Des résultats concrets sur le terrain
Depuis sa création, le partenariat accompagne des réformes, finance des projets et diffuse les résultats de la recherche afin d’améliorer l’accès des femmes aux services financiers.
Le groupe AFD soutient notamment ces initiatives à travers des prêts, des subventions et son programme Choose Africa.
En Égypte, un programme conduit avec l’Agence de développement des micro, petites et moyennes entreprises a mobilisé près de 10 millions de dollars en financements et assistance technique.
Entre 2020 et 2024, cette initiative a permis d’accompagner plus de 18 000 entreprises dirigées par des femmes et de contribuer à la création de plus de 33 000 emplois permanents.
De nouvelles priorités pour les prochaines années
À l’issue de la réunion, les partenaires ont identifié plusieurs axes d’action prioritaires.
Ils souhaitent notamment :
- diffuser les approches ayant démontré leur efficacité ;
- renforcer les dispositifs destinés aux femmes, aux jeunes et aux PME ;
- améliorer l’accès des populations rurales aux services financiers ;
- développer des écosystèmes favorisant une inclusion financière durable.
Malgré un contexte marqué par des tensions sur le financement du développement, les partenaires du G7 ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leurs efforts afin de faire de l’inclusion financière et numérique des femmes un levier majeur de croissance, d’autonomisation et de développement durable en Afrique.







