La lutte contre la désertification au cœur des débats
La 17e Conférence des parties (COP17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) s’est ouverte ce lundi 17 août en Mongolie. Jusqu’au 28 août, près de 197 pays sont réunis pour renforcer leurs actions contre la sécheresse, la dégradation des terres et leurs conséquences sur les populations.
Placée sous le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir », la conférence intervient dans un contexte marqué par l’intensification des épisodes de chaleur, de sécheresse et d’incendies dans plusieurs régions du monde.
L’enjeu dépasse désormais la seule question environnementale. La dégradation des terres menace directement la production agricole, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de millions de personnes.
12 milliards de dollars pour renforcer la résilience
L’un des principaux sujets de discussion concerne le Riyadh Global Drought Resilience Partnership, lancé lors de la précédente COP sur la désertification, organisée en 2024 en Arabie saoudite.
Les pays et institutions partenaires ont annoncé plus de 12 milliards de dollars sur sept ans pour soutenir les États particulièrement exposés aux conséquences de la sécheresse.
Ces financements doivent notamment permettre de renforcer les infrastructures d’irrigation, de développer des cultures plus résistantes au manque d’eau et d’améliorer les capacités de stockage des eaux de pluie.
L’objectif de la COP17 est désormais de transformer les engagements financiers en projets concrets sur le terrain.
Transformer les plans contre la sécheresse en projets
Plus de 70 pays ont déjà soumis leurs plans de gestion de la sécheresse. La prochaine étape consiste donc à passer de la planification à la mise en œuvre.
L’enjeu est notamment d’aider les États à financer des infrastructures et des solutions capables de réduire leur vulnérabilité face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents et intenses.
Cette transition entre engagements politiques et réalisations concrètes devrait constituer l’un des principaux défis des négociations de cette COP17.
Un besoin de financement estimé à 2 600 milliards de dollars
Les 12 milliards de dollars annoncés constituent toutefois une enveloppe encore très éloignée des besoins estimés à l’échelle mondiale.
Selon les estimations de l’UNCCD, environ 2 600 milliards de dollars seraient nécessaires d’ici 2030 pour restaurer les terres dégradées, lutter contre la désertification et renforcer la résilience face aux sécheresses.
L’écart entre les ressources actuellement disponibles et les besoins pourrait donc pousser les négociateurs à accorder une place plus importante au financement privé.
La mobilisation des banques, des investisseurs institutionnels et des entreprises apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour augmenter l’échelle des investissements consacrés à la restauration des terres.
Pourquoi la Mongolie accueille la COP17
Le choix de la Mongolie pour accueillir cette conférence n’est pas anodin. Selon les données citées par les Nations unies, environ 77 % du territoire mongol est considéré comme dégradé.
Le pays entend notamment mettre en avant les enjeux liés au pastoralisme, un mode d’élevage extensif fondé sur la mobilité des troupeaux.
Cette activité occupe une place centrale dans l’économie et le mode de vie de nombreuses communautés mongoles. La dégradation des pâturages et les épisodes climatiques extrêmes représentent donc une menace directe pour leurs moyens de subsistance.
L’expérience mongole doit ainsi nourrir les discussions sur la gestion durable des terres et l’adaptation des systèmes agricoles et pastoraux aux changements climatiques.
Désertification, climat et sécurité alimentaire
La question de la restauration des terres est étroitement liée à celle du changement climatique et de la sécurité alimentaire.
Des sols dégradés produisent moins, tandis que les sécheresses réduisent les rendements agricoles et accentuent la pression sur les ressources en eau.
À l’inverse, restaurer les terres permet d’améliorer leur capacité à retenir l’eau, de renforcer la productivité agricole et de contribuer à la résilience des populations rurales.
Les politiques de lutte contre la désertification constituent donc également un outil d’adaptation aux conséquences du changement climatique.
Une COP avant la conférence sur la biodiversité
La COP17 sur la désertification intervient quelques semaines avant une autre grande échéance environnementale : la COP17 sur la biodiversité, prévue à Erevan, en Arménie, du 19 au 30 octobre.
Les deux processus sont distincts, mais leurs enjeux sont fortement liés. La restauration des terres peut contribuer à préserver les écosystèmes, protéger la biodiversité et renforcer la capacité des territoires à faire face au changement climatique.
Les engagements internationaux en matière de biodiversité prévoient notamment de protéger 30 % des terres et des océans de la planète d’ici 2030 et d’accroître les financements destinés à la biodiversité dans les pays en développement.
Le défi : passer des engagements aux résultats
À travers cette COP17, les États cherchent donc moins à multiplier les engagements qu’à accélérer leur mise en œuvre.
Avec des besoins financiers estimés à 2 600 milliards de dollars d’ici 2030, la réussite de la conférence dépendra largement de la capacité des gouvernements et des institutions financières à mobiliser des ressources à une échelle beaucoup plus importante.
Pour les pays les plus vulnérables, l’enjeu est immédiat : restaurer les terres, sécuriser l’accès à l’eau, protéger les moyens de subsistance et préserver la production alimentaire.
La COP17 devra ainsi transformer le mot d’ordre « Restaurer les terres, restaurer l’espoir » en investissements et en actions mesurables sur le terrain.








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