La COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) s’est achevée le 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie, avec un résultat particulièrement marqué sur le front du financement. Les gouvernements, banques de développement, fonds et investisseurs privés ont annoncé un portefeuille de 1,3 milliard de dollars destiné à soutenir des projets de restauration des terres et de résilience face à la sécheresse dans 23 pays répartis sur cinq continents.
La conférence, organisée du 17 au 28 août, réunissait les parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification autour des enjeux liés à la dégradation des terres, à la sécheresse, à la sécurité alimentaire et à la mobilisation des capitaux.
Un financement de 1,3 milliard de dollars
Le principal résultat financier de la COP17 concerne le portefeuille de projets annoncé en faveur de la restauration des terres et de la résilience face à la sécheresse.
Sur les 1,3 milliard de dollars annoncés, 644,5 millions de dollars correspondent à de nouveaux financements identifiés, tandis que 216,4 millions de dollars ont déjà été confirmés et sont en cours de mise en œuvre, selon l’UNCCD. Les projets se trouvent à différents stades de développement.
Cette mobilisation associe plusieurs catégories d’acteurs, notamment les gouvernements, les banques de développement, les fonds et le secteur privé. Elle traduit ainsi la volonté de faire de la restauration des terres un domaine d’investissement à part entière plutôt qu’un enjeu exclusivement environnemental.
La COP17 a d’ailleurs accordé une place importante aux mécanismes permettant de rapprocher les capitaux privés des projets liés à la gestion durable des terres, à l’eau et à la résilience climatique. Un dialogue ministériel consacré aux mécanismes financiers innovants s’est notamment tenu le 24 août.
Un déficit de financement de 278 milliards de dollars par an
Malgré cette annonce, les besoins restent considérables.
L’UNCCD estime qu’environ 355 milliards de dollars doivent être investis chaque année jusqu’en 2030 pour atteindre les objectifs mondiaux de restauration des terres et lutter contre la dégradation des sols, la désertification et la sécheresse. Or, les investissements actuels sont évalués à environ 77 milliards de dollars par an, ce qui laisse apparaître un déficit de financement de près de 278 milliards de dollars chaque année.
Le financement privé demeure également limité. Selon l’UNCCD, il ne représente encore qu’une faible part des investissements consacrés à la restauration des terres. L’enjeu de la COP17 était donc aussi de démontrer que ces projets peuvent présenter un intérêt économique pour les investisseurs.
L’UNCCD estime ainsi que l’inaction face à la dégradation des terres représente un coût annuel proche de 878 milliards de dollars, tandis que les investissements nécessaires pourraient générer jusqu’à 1 800 milliards de dollars de bénéfices par an.
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La restauration des terres devient un enjeu économique
La désertification ne constitue plus uniquement une question environnementale. Elle touche directement la production agricole, la disponibilité de l’eau, les revenus ruraux et la stabilité économique des territoires.
La dégradation des terres réduit en effet la capacité des sols à soutenir l’agriculture et les activités économiques. Elle peut également accentuer les déplacements de populations et accroître la vulnérabilité des pays face aux épisodes de sécheresse.
Cette dimension économique explique la volonté de l’UNCCD de rapprocher les gouvernements des banques, des institutions financières et des investisseurs privés. L’objectif est de développer des mécanismes capables de rendre les projets de restauration suffisamment attractifs pour mobiliser des capitaux à grande échelle.
La COP17 a notamment lancé le Drought Resilience Investment Facility (DRIF), un dispositif destiné à accélérer les investissements dans la résilience face aux sécheresses, les infrastructures hydrauliques et la restauration intégrée des terres et de l’eau.
Les pays les plus vulnérables cherchent des financements
La Mongolie, pays hôte de la COP17, a placé la question de la dégradation des terres au centre de ses priorités. Le pays est particulièrement exposé à la désertification et à la dégradation des pâturages.
D’autres pays ont également présenté leurs propres initiatives. L’Ouzbékistan a notamment mis en avant ses systèmes d’alerte précoce contre les tempêtes de sable et de poussière ainsi que ses programmes de restauration des zones désertiques.
La conférence a également permis de renforcer les échanges entre les collectivités locales. Le Forum des maires de la COP17, qui a réuni des responsables locaux et régionaux de plus de 30 pays, a débouché sur la Déclaration d’Oulan-Bator. Les collectivités ont notamment appelé à renforcer leur rôle dans la mise en œuvre des politiques de gestion durable des terres et de résilience face à la sécheresse.
Des initiatives nationales de plus en plus nombreuses
Au-delà des financements, la COP17 a également permis de mettre en avant la multiplication des initiatives nationales et des partenariats internationaux.
Les participants ont notamment présenté des projets de restauration des terres, de gestion durable de l’eau, d’agriculture résiliente et de lutte contre la désertification. Des coopérations entre pays ont également émergé, notamment autour du partage d’expériences et de solutions techniques.
La Chine et la Ligue des États arabes ont ainsi travaillé sur un plan de coopération pluriannuel consacré à la restauration des terres.
Cette dynamique traduit une évolution du débat international : les engagements politiques doivent désormais être accompagnés de financements, de technologies et de projets suffisamment structurés pour produire des résultats mesurables.
Le financement reste le principal défi
La COP17 aura donc permis de franchir une étape importante en rapprochant les ambitions environnementales des réalités financières. Les 1,3 milliard de dollars annoncés pour 23 pays constituent un signal positif, mais ils restent modestes au regard des 278 milliards de dollars de déficit annuel estimé par l’UNCCD.
Le véritable enjeu sera désormais de transformer les annonces en investissements effectivement décaissés et en projets opérationnels. La restauration des terres devra également démontrer sa capacité à générer des rendements économiques, à créer des emplois et à renforcer la sécurité alimentaire et hydrique.
À ce titre, la COP17 marque moins l’aboutissement d’un processus que le début d’une nouvelle phase : faire de la lutte contre la désertification un secteur capable d’attirer durablement les capitaux publics et privés.







