Mozambique : le diesel bondit de 46 %, forte pression sur l’économie et les ménages
Le Mozambique fait face à une nouvelle poussée inflationniste liée à l’énergie. Depuis jeudi, les autorités ont procédé à une forte révision des prix des carburants, entraînant une hausse spectaculaire du coût du diesel de 46 %.
Cette augmentation, qui touche directement ménages, transporteurs et entreprises, intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés pétroliers mondiaux.
Une forte hausse sur l’ensemble des carburants
Le diesel enregistre la progression la plus marquée.
Son prix est passé de 79,88 meticals à 116,25 meticals par litre, soit une hausse de près de moitié en quelques jours.
L’essence a également été revalorisée :
• ancien prix : 83,57 meticals ;
• nouveau prix : 93,69 meticals le litre (environ 1,45 dollar).
D’autres produits énergétiques sont également concernés :
• pétrole lampant : de 66,86 à 97,56 meticals le litre ;
• gaz de cuisine : légère hausse à 87,82 meticals par kilogramme.
Cette révision généralisée accentue la pression sur le pouvoir d’achat dans un pays déjà exposé à des vulnérabilités économiques structurelles.
Les tensions au Moyen-Orient en cause
Selon l’Autorité de régulation de l’énergie (ARENE), cette hausse tarifaire résulte principalement de la détérioration des conditions du marché pétrolier international.
L’institution évoque :
• la flambée des cours mondiaux du brut ;
• les perturbations des chaînes d’approvisionnement ;
• l’impact des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Le Mozambique dépend fortement des importations de produits pétroliers.
Les autorités indiquent qu’environ 80 % des importations de carburant transitent par des routes commerciales liées au Moyen-Orient, ce qui rend le pays particulièrement vulnérable aux chocs externes.
Importations plus coûteuses depuis avril
ARENE précise que depuis début avril, le Mozambique importe ses cargaisons à des prix nettement supérieurs aux niveaux antérieurs.
Cette hausse des coûts d’approvisionnement aurait rendu l’ajustement tarifaire inévitable.
Le gouvernement avait d’ailleurs déjà averti d’un possible relèvement des prix face aux perturbations croissantes sur le marché.
Tensions sur l’approvisionnement et stations sous pression
Avant même l’annonce officielle, plusieurs signes de tension étaient visibles sur le terrain.
Ces dernières semaines, plusieurs régions ont enregistré :
• de longues files d’attente dans les stations-service ;
• des fermetures temporaires ;
• des mesures de rationnement sur l’essence et le diesel.
Ces perturbations traduisent les difficultés logistiques rencontrées par les distributeurs dans un contexte d’approvisionnement sous tension.
Le secteur des transports durement affecté
La hausse du diesel frappe particulièrement le secteur des transports, fortement dépendant de ce carburant.
De nombreux opérateurs signalent des difficultés d’approvisionnement et une hausse brutale de leurs coûts opérationnels.
Conséquences :
• réduction de l’offre de transport dans plusieurs villes ;
• risque de hausse des tarifs pour les passagers et marchandises ;
• tensions potentielles sur les chaînes logistiques et les prix alimentaires.
Un risque inflationniste accru
Cette flambée des carburants pourrait rapidement se diffuser à l’ensemble de l’économie mozambicaine.
Le diesel étant un intrant clé pour :
• le transport ;
• l’agriculture ;
• la production industrielle ;
• la distribution commerciale.
Sa hausse massive risque d’alimenter une inflation plus large, pesant sur la consommation et l’activité économique.
Dans un contexte mondial toujours incertain, le Mozambique apparaît une nouvelle fois exposé à sa forte dépendance énergétique extérieure.







