Les relations entre le Niger et le groupe français Orano se détériorent, mettant en péril la production d’uranium, essentielle pour l’économie du pays et les besoins énergétiques français.
En octobre 2024, Orano a annoncé la suspension de la production d’uranium au Niger, une décision motivée par l’incapacité d’exporter depuis le début de l’année. Cette mesure impacte directement la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), filiale nigérienne d’Orano. Malgré des réserves permettant une exploitation jusqu’en 2040, l’accumulation de dettes de la SOPAMIN, principal actionnaire nigérien avec 36,6 % des parts, et les restrictions sur les exportations ont rendu la situation financière insoutenable.
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Le gouvernement nigérien, détenteur de 36,6 % des parts de la Somaïr, accuse Orano d’un « manque de transparence ». En réponse, il a annoncé l’achat de 210 tonnes d’uranium sur les 1 000 tonnes actuellement bloquées sur le site. Cette brouille s’inscrit dans un contexte de détérioration des relations franco-nigériennes depuis le coup d’État de juillet 2023, qui a également conduit le gouvernement à retirer à Orano les droits d’exploitation du site d’Imouraren en juin 2024.
L’uranium représente 15 à 20 % des exportations totales du Niger, selon la BCEAO. La suspension de la production menace non seulement les revenus du pays, mais aussi les emplois des 750 salariés de la Somaïr et des sous-traitants. Orano a toutefois assuré que les salaires seront maintenus jusqu’à une reprise des activités.
Le conflit entre le Niger et Orano illustre les tensions géopolitiques et économiques autour des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest. Alors que le Niger revendique une gestion plus transparente et souveraine, Orano doit naviguer entre contraintes locales et enjeux internationaux. Une reprise des négociations pourrait être cruciale pour garantir la pérennité de cette industrie stratégique.










































