Finances publiques : l’UEMOA prépare la révision de ses directives
Réunis à Lomé depuis le 26 octobre 2026, les experts des huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) travaillent à la modernisation du cadre harmonisé des finances publiques. Avec un taux de transposition et de mise en œuvre des directives de 87,12 %, le Togo dépasse la moyenne communautaire, établie à 77,98 %, selon la revue annuelle de 2026.
L’UEMOA veut moderniser son cadre de gestion des finances publiques
La modernisation des règles communautaires de gestion budgétaire et comptable est au cœur d’une réunion stratégique de l’Observatoire des Finances Publiques de l’UEMOA (OFP-UEMOA), ouverte le 26 octobre 2026 à l’Hôtel 2 Février, à Lomé.
Les travaux rassemblent des experts des huit États membres, des représentants de la Commission de l’UEMOA, de la Cour des comptes, de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), ainsi que des partenaires techniques et financiers.
L’objectif est de préparer la révision du cadre harmonisé des finances publiques, fondé sur les directives communautaires adoptées en 2009. Après plus de quinze années d’application, ces textes doivent évoluer pour tenir compte des difficultés constatées sur le terrain et des nouvelles exigences en matière de gouvernance financière.
Pour les États membres, l’enjeu est de renforcer la transparence budgétaire, la fiabilité des comptes publics et la cohérence des systèmes de gestion financière. La révision vise également à améliorer la comparabilité des données entre les pays de l’Union.
Un taux de mise en œuvre de 77,98 % à l’échelle communautaire
Au nom du président de la Commission de l’UEMOA, le représentant résident Alioune Sène a présenté les principaux enseignements de la revue annuelle de 2026. Selon les données communiquées lors de la rencontre, le taux global de mise en œuvre des réformes atteint 77,98 % dans l’Union.
Ce résultat témoigne des progrès accomplis par les États membres dans l’application des directives communautaires. Il met néanmoins en évidence des insuffisances qui nécessitent des ajustements.
Parmi les difficultés relevées figurent l’utilisation non conforme de l’unité budgétaire, les incohérences entre la comptabilité publique et la comptabilité des matières, ainsi que l’absence de règles relatives à l’amortissement.
Ces lacunes soulignent la nécessité de mieux articuler les dispositifs budgétaires et comptables, afin de produire une information financière publique plus complète et plus fiable.
La révision devra également prendre en compte les évolutions des référentiels internationaux, notamment le Manuel de statistiques de finances publiques du Fonds monétaire international (MSFP 2014) et les normes comptables internationales du secteur public (IPSAS 2020).
L’intégration de ces références doit contribuer à harmoniser les pratiques et à améliorer la qualité des informations produites par les administrations publiques des pays membres.
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Une révision pour corriger les insuffisances des directives de 2009
Au-delà des résultats nationaux, la rencontre de Lomé doit permettre de définir les bases techniques de la révision du dispositif communautaire.
Sawadogo Issa, directeur par intérim des Finances publiques et de la Fiscalité intérieure à la Commission de l’UEMOA, a rappelé que les quinze années d’application des directives avaient permis d’identifier plusieurs incohérences.
Selon lui, l’évolution rapide des pratiques de gestion publique justifie une actualisation des textes afin de mieux répondre aux besoins des administrations et aux exigences de transparence.
La réunion vise notamment à valider les termes de référence de la révision avec les experts désignés par les huit États membres, à raison de quatre experts par pays, selon les informations communiquées lors des travaux.
Cette étape préparatoire doit préciser les orientations et les modalités des travaux à conduire. Elle constitue un préalable à la formulation de propositions destinées à adapter le cadre harmonisé aux réalités actuelles de la gestion des finances publiques.
Transparence budgétaire et fiabilité des comptes : les principaux enjeux
La révision des directives communautaires intervient dans un contexte où la qualité de la gestion des finances publiques représente un enjeu majeur pour les États de l’UEMOA.
Un cadre harmonisé plus cohérent peut faciliter le suivi de l’exécution budgétaire, renforcer la traçabilité des dépenses et améliorer la disponibilité des informations financières nécessaires au contrôle des finances publiques.
La prise en compte des standards internationaux doit également permettre de rendre les données plus comparables entre les pays, un élément important pour l’analyse des politiques budgétaires et le suivi des engagements des États.
Toutefois, l’efficacité de cette réforme dépendra autant de la qualité des textes révisés que de leur application concrète. Les capacités des administrations, les dispositifs de contrôle et la régularité de la production des comptes resteront déterminants.
Une étape préparatoire pour les huit États membres
La réunion de l’Observatoire des Finances Publiques de l’UEMOA à Lomé ouvre une nouvelle phase de réflexion sur l’évolution des règles communes de gestion budgétaire et comptable.
Avec un taux de mise en œuvre de 77,98 % à l’échelle communautaire et de 87,12 % au Togo, les résultats de la revue annuelle de 2026 illustrent à la fois les avancées enregistrées et les marges de progression qui subsistent.
La validation des termes de référence doit permettre de structurer la suite du processus de révision. L’objectif sera de disposer de directives adaptées aux évolutions des finances publiques, tout en préservant l’harmonisation des pratiques entre les huit pays membres.
Au-delà des taux de mise en œuvre, le principal enjeu sera de traduire cette modernisation en une gestion publique plus transparente, plus fiable et davantage orientée vers les résultats.







