Levée de fonds UEMOA 2025 – Durant le premier semestre 2025, les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont levé près de 6 993,75 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics, soit une hausse spectaculaire de 84,3 % par rapport à la même période en 2024. Ce bond reflète un recours massif à l’endettement intérieur dans un contexte de fortes tensions budgétaires et de besoins accrus en liquidités.
Ce dynamisme résulte principalement du retour en force des Obligations Assimilables du Trésor (OAT), dont le volume a grimpé de près de 155 %, pour représenter désormais 47,37 % des ressources mobilisées. Les Bons Assimilables du Trésor (BAT), à plus court terme, conservent une part majoritaire avec 52,63 %, bien qu’en hausse plus modérée de 47,5 %. Ce basculement progressif vers les titres de long terme traduit une volonté des États de mieux lisser leur profil d’endettement, après une année 2024 marquée par des tensions de liquidité.
Au total, 125 adjudications ont été organisées, soit 38,89 % de plus que l’an passé. Cette intensification des émissions a cependant principalement servi à refinancer des dettes arrivées à maturité. En effet, les remboursements ont doublé, atteignant près de 5 000 milliards FCFA, ce qui limite la progression de l’encours global de la dette publique à 1,58 %, pour un total de 20 536,52 milliards FCFA fin juin.
La Côte d’Ivoire confirme son statut de principal acteur du marché régional avec 3 131,56 milliards FCFA levés, soit près de 45 % du total. Le Sénégal, malgré des tensions sur les marchés internationaux et la suspension de son programme avec le FMI, enregistre une progression remarquable de 267 %, atteignant 1 262,5 milliards FCFA, et affiche la plus forte hausse de dette (+5,7 %).
À l’opposé, des pays comme le Niger, confrontés à une instabilité politique persistante, doivent offrir des taux particulièrement élevés, jusqu’à 11,99 % à trois mois, pour séduire les investisseurs. Cette hétérogénéité des conditions d’emprunt souligne combien la stabilité macroéconomique et la transparence budgétaire influencent directement l’accès au financement.
Malgré l’ampleur des émissions, la confiance des investisseurs demeure forte, comme en témoigne un taux de couverture moyen de 184,85 %, contre 173,90 % un an auparavant. Ce chiffre traduit la solidité perçue des États émetteurs et la profondeur croissante du marché régional.
Le mois d’avril a constitué le pic d’activité, avec 1 782 milliards FCFA levés, en réponse à des échéances importantes et à des pressions ponctuelles sur les recettes.
Si le marché primaire se montre dynamique, le marché secondaire affiche, lui, un net repli. Le volume échangé à la BRVM s’est effondré à 2,68 millions, pour une valeur de 23,35 milliards FCFA, soit une chute de près de 70 % par rapport à 2024. Les titres ivoiriens et sénégalais concentrent toujours la majorité des échanges, représentant 72 % du volume et 77 % de la valeur.
Néanmoins, la structure du marché se renforce. Le nombre de lignes obligataires actives est passé à 163 fin juin 2025, contre 153 en décembre 2024, traduisant une diversification progressive de l’offre.
Cette dynamique d’émission s’inscrit dans un environnement monétaire plus souple. En juin 2025, la BCEAO a abaissé ses taux directeurs de 25 points de base, ramenant le taux de refinancement à 3,25 % et celui du guichet marginal à 5,25 %, dans le but de soutenir les besoins de financement des États et de favoriser la croissance régionale.









































