UEMOA : la finance islamique passe de 2 à 21 institutions en sept ans
La finance islamique poursuit son développement au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Selon la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le nombre d’Institutions de Finance Islamique (IFI) agréées est passé de seulement 2 en 2018 à 21 en 2025, illustrant la montée en puissance de ce mode de financement dans la région.
Cette progression s’est poursuivie en 2025 avec l’agrément de quatre nouvelles institutions de microfinance, dont deux exercent exclusivement des activités conformes aux principes de la finance islamique.
Une croissance soutenue des institutions agréées
À fin décembre 2025, l’UEMOA comptait 21 institutions de finance islamique, réparties entre des établissements de crédit et des institutions de microfinance.
Cette évolution témoigne de l’intérêt croissant des investisseurs, des établissements financiers et des populations pour des produits financiers reposant sur les principes de partage des risques, d’interdiction des intérêts (riba) et de financement d’activités conformes à la charia.
Afin d’accompagner cette dynamique, la BCEAO poursuit son appui aux promoteurs de nouvelles institutions. Plusieurs porteurs de projets ont bénéficié d’un accompagnement technique destiné à améliorer la qualité de leurs dossiers d’agrément et à faciliter leur implantation dans les États membres de l’Union.
Un cadre réglementaire en cours de renforcement
La Banque centrale travaille parallèlement à la consolidation du cadre juridique de la finance islamique.
Ces réformes s’inscrivent dans la mise en œuvre des nouvelles lois uniformes relatives à la réglementation bancaire et à la microfinance, adoptées en 2023 par le Conseil des ministres de l’UEMOA.
L’objectif est d’assurer une meilleure intégration de la finance islamique dans le système financier régional tout en garantissant un niveau élevé de sécurité juridique et de supervision.
En 2026, la BCEAO prévoit notamment la création d’un Conseil de Conformité Central à l’échelle régionale. Cette instance sera chargée de vérifier la conformité des produits financiers proposés par les institutions aux principes de la finance islamique et d’harmoniser les pratiques dans les huit pays de l’Union.
Un levier pour renforcer l’inclusion financière
À travers ces initiatives, la BCEAO ambitionne de faire de la finance islamique un outil de renforcement de l’inclusion financière et de diversification des sources de financement de l’économie.
L’objectif est d’offrir aux particuliers, aux petites et moyennes entreprises (PME) ainsi qu’aux investisseurs des solutions financières adaptées à leurs besoins, tout en mobilisant davantage d’épargne pour financer les investissements productifs.
La Banque centrale estime également que ce segment peut contribuer au développement de nouveaux instruments de financement conformes aux principes islamiques, notamment au bénéfice des projets d’infrastructures et des entreprises.
Une microfinance en pleine expansion
Le développement de la finance islamique intervient dans un contexte de croissance plus large du secteur de la microfinance dans l’UEMOA.
Selon les dernières données de la BCEAO, 524 institutions de microfinance étaient agréées à fin décembre 2025. Elles desservaient plus de 20,37 millions de clients à travers 4 838 points de service répartis dans les huit États membres.
Le nombre de bénéficiaires a progressé de 6,6 % sur un an, traduisant un accès toujours plus large des populations aux services financiers, y compris ceux proposés selon les principes de la finance islamique.
Un contexte macroéconomique favorable
L’expansion de la finance islamique bénéficie également d’un environnement économique relativement favorable.
En 2025, le produit intérieur brut (PIB) de l’UEMOA a progressé de 6,7 %, tandis que l’inflation est retombée à 0 %, selon la BCEAO. Cette stabilité macroéconomique favorise le développement des activités bancaires et financières ainsi que la diversification des solutions de financement.
À travers les réformes en cours, la Banque centrale entend harmoniser les pratiques entre les États membres, renforcer la confiance des investisseurs et faire de la finance islamique un levier supplémentaire de financement du développement économique dans l’UEMOA.








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