L’inflation togolaise remonte légèrement à 0,3 %
Après cinq mois consécutifs à 0,1 %, l’inflation au Togo a légèrement accéléré en juillet 2026. Le taux s’est établi à 0,3 %, contre 0,1 % en juin, selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED).
Cette remontée reste toutefois limitée. Le niveau général des prix demeure largement inférieur au seuil communautaire de 3 % retenu dans le cadre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Le chiffre de juillet marque néanmoins une inflexion après plusieurs mois de relative stabilité à un niveau particulièrement bas.
Les prix de plusieurs produits alimentaires reculent sur un an
Sur la période d’août 2025 à juillet 2026, plusieurs produits ont enregistré une baisse de leurs prix en moyenne annuelle.
Le piment rouge sec affiche le recul le plus important, avec une baisse de 33,9 %. Il est suivi du maïs blanc séché en grains crus vendu au grand bol, dont le prix a diminué de 29,3 %, de l’oignon frais rond (-27,5 %), du niébé (-27,1 %) et du piment rouge sec en poudre (-26,8 %).
Les prix des haricots rouges secs, du mil, du sel de cuisine, du sorgho et de la papaye ont également évolué à la baisse sur la période.
Ces diminutions de prix de plusieurs produits alimentaires contribuent à contenir la progression générale de l’inflation au Togo.
Lire aussi : Togo : inflation stable à 0,1 % en avril 2026, selon l’INSEED
Le gingembre et le bois de chauffe parmi les plus fortes hausses
La tendance est toutefois contrastée selon les produits. Certains biens ont enregistré des augmentations particulièrement importantes en moyenne annuelle.
Le gingembre frais arrive en tête avec une hausse de 96,1 %, devant le bois de chauffe, dont le prix a progressé de 93,9 %. La carpe réfrigérée complète ce classement avec une augmentation de 61,5 %.
D’autres produits ont également connu des hausses, notamment l’huile de palme traditionnelle, la betterave, la côtelette d’agneau et les tomates rondes locales.
Ces évolutions illustrent les disparités qui peuvent exister entre les différents produits composant le panier de consommation des ménages.
Une hausse mensuelle de 0,5 % entre juin et juillet
La remontée de l’inflation s’explique notamment par une pression plus forte sur certains produits alimentaires non céréaliers.
Entre juin et juillet 2026, le niveau général des prix a ainsi augmenté de 0,5 %. Plusieurs produits ont contribué à cette progression, selon l’INSEED.
Le prix du plat de fufu accompagné de sauce viande a augmenté de 8,5 %, tandis que celui du plat de fufu avec sauce poisson a progressé de 6,5 %. L’igname affiche une hausse mensuelle de 30,7 %, les tomates rondes importées de 59 %, le poivron frais de 51,5 %, l’oignon frais rond de 8,2 % et le poivron adibolo de 37,1 %.
La hausse ne concerne pas uniquement l’alimentation. Le coût de la course en taxi-moto a progressé de 5,7 %, tandis que le charbon de bois a augmenté de 8,5 % sur la période.
Une inflation toujours largement maîtrisée
Malgré cette remontée, la dynamique globale des prix reste contenue. Le taux d’inflation, qui atteignait encore 2,5 % en avril 2025, a progressivement diminué avant de se stabiliser à 0,1 % entre février et juin 2026.
Il s’établit désormais à 0,3 % en juillet, soit un niveau qui reste très éloigné du seuil communautaire de 3 %.
L’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC), dont la base est fixée à 100 en 2023, s’est établi à 106,7 en juillet 2026, contre 106,2 en juin.
Cette évolution traduit donc une progression mensuelle des prix, mais ne remet pas en cause, à ce stade, la tendance générale à la modération de l’inflation observée depuis plusieurs mois.
L’IHPC, un indicateur harmonisé dans l’UEMOA
L’IHPC constitue l’indicateur de référence utilisé pour suivre l’évolution des prix à la consommation. Il est élaboré et publié chaque mois selon une méthodologie harmonisée dans les huit pays de l’UEMOA.
Au Togo, l’indice couvre l’ensemble du territoire national et prend en compte les prix relevés aussi bien en milieu urbain que rural.
Le taux d’inflation est calculé à partir de la moyenne des indices des douze derniers mois comparée à celle des douze mois précédents, soit une période de 24 mois d’observation des prix à la consommation.
La légère remontée enregistrée en juillet constitue ainsi un signal à surveiller, particulièrement au regard de l’évolution des prix de certains produits alimentaires. Mais avec un taux de 0,3 %, l’inflation togolaise demeure pour l’heure à un niveau particulièrement faible.







