Togo : les microfinances devront plafonner leurs crédits à 24 % dès juin 2026
Le secteur de la microfinance au Togo s’apprête à entrer dans une nouvelle phase réglementaire. À compter du 1er juin 2026, les institutions de microfinance devront respecter un nouveau plafond sur les taux appliqués aux crédits, conformément à une réforme décidée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Le taux d’usure, soit le taux maximal légal autorisé pour l’octroi d’un prêt, passera ainsi de 27 % à 24 % pour les institutions de microfinance opérant dans l’espace UEMOA.
En revanche, pour les banques commerciales, le plafond reste inchangé à 14 %.
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Une réforme pour mieux protéger les emprunteurs
Cette mesure vise à encadrer davantage le coût du crédit et à protéger les emprunteurs contre des prêts jugés excessivement onéreux.
Le taux d’usure s’applique au Taux annuel effectif global (TAEG), qui prend en compte l’ensemble des frais obligatoires liés à un crédit :
- intérêts ;
- frais de dossier ;
- commissions ;
- autres charges imposées au client.
Ainsi, tout prêt affichant un TAEG supérieur au plafond réglementaire pourra exposer l’établissement prêteur à des sanctions de la Commission bancaire de l’UMOA.
Un impact direct sur les institutions de microfinance togolaises
Au Togo, les institutions de microfinance occupent une place stratégique dans l’accès au financement.
Elles servent principalement :
- les petits commerçants ;
- les agriculteurs ;
- les artisans ;
- les ménages exclus du système bancaire classique.
Avec cette baisse du plafond de trois points, certaines structures devront adapter leur modèle économique.
Cela impliquera notamment :
- une révision des grilles tarifaires ;
- un ajustement des méthodes de calcul du crédit ;
- une optimisation des coûts opérationnels.
Dans le pays, certains produits de microcrédit affichent actuellement des taux annuels pouvant atteindre 20 % ou plus.
Les défis économiques des microfinances
Les institutions de microfinance justifient généralement des taux plus élevés par plusieurs contraintes structurelles :
- faibles montants prêtés ;
- suivi rapproché des clients ;
- forte présence en zones rurales ;
- risque de défaut plus important.
La réduction du taux plafond pourrait donc diminuer le coût de certains crédits pour les clients togolais, mais aussi pousser certains systèmes financiers décentralisés (SFD) à adopter une politique de crédit plus prudente.
Trouver l’équilibre entre inclusion et protection
Le Togo figure parmi les pays les plus avancés de l’UEMOA en matière d’inclusion financière.
L’enjeu pour les autorités sera désormais de maintenir cet acquis tout en renforçant la protection des emprunteurs.
Cette réforme devra permettre de trouver un équilibre entre :
- l’accès au financement de proximité ;
- la viabilité économique des institutions de microfinance ;
- la réduction du surendettement des populations vulnérables.
À travers cette décision, la BCEAO poursuit ainsi sa volonté de renforcer la régulation du secteur financier régional tout en favorisant un crédit plus responsable et accessible.







