Togo : le secteur privé au cœur de la Vision 2040
Le gouvernement togolais veut accélérer la transformation structurelle de l’économie en plaçant davantage le secteur privé au centre de sa stratégie de développement. Un atelier national d’échanges approfondis, organisé jeudi 30 juillet 2026 à Lomé, a réuni les pouvoirs publics, les entreprises et les partenaires au développement autour d’un objectif central : identifier les réformes et les leviers d’investissement nécessaires à la mise en œuvre de la Vision Togo 2040 et de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031.
Présidée, au nom du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, par Sandra Ablamba Johnson, Ministre, Secrétaire général de la Présidence du Conseil, la rencontre a rassemblé plusieurs membres du gouvernement ainsi que des représentants du secteur privé, des organisations patronales et professionnelles, des grandes entreprises, des PME, du monde universitaire et de la magistrature.
La rencontre a également bénéficié de la participation de Nathalie Kouassi Akon, Directrice de la Division Golfe de Guinée de la Société financière internationale (SFI), et d’Antonius Verheijen, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo.
Une nouvelle étape dans le dialogue entre l’État et le secteur privé
Organisé dans le prolongement du séminaire gouvernemental des 11 et 12 juin 2026, cet atelier traduit la volonté des autorités togolaises de renforcer le dialogue avec le secteur privé et de mieux associer les opérateurs économiques à la définition des politiques publiques.
L’enjeu est de taille : stimuler les investissements productifs, améliorer la compétitivité de l’économie nationale et accélérer la création d’emplois durables.
Pour le gouvernement, la réussite de la Vision Togo 2040 repose en grande partie sur la capacité du pays à mobiliser davantage de capitaux privés et à créer un environnement suffisamment attractif pour les investisseurs nationaux et internationaux.
« L’atteinte de ces objectifs nécessite une transformation structurelle de l’économie, et donc un nouveau modèle de croissance davantage tiré par l’investissement privé afin de créer plus de richesses et d’emplois », a déclaré Sandra Ablamba Johnson à l’ouverture des travaux.
La Vision Togo 2040 mise sur une transformation structurelle
Les échanges ont permis de rappeler les ambitions de la Vision 2040, qui constitue le nouveau cadre de référence de l’action publique pour les quinze prochaines années.
Le document fixe notamment l’objectif de doubler le PIB par habitant et de ramener le taux de pauvreté à moins de 15 %. Ces ambitions impliquent une transformation profonde de l’économie togolaise, avec un accent particulier sur la création de richesse, l’amélioration des conditions de vie et le renforcement de la compétitivité.
Dans cette perspective, le gouvernement entend s’appuyer davantage sur les avantages comparatifs du pays et poursuivre les réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires.
L’objectif est de favoriser l’émergence d’un modèle de croissance davantage porté par l’investissement privé, capable de générer plus de valeur ajoutée et d’emplois de qualité.
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Les IDE en hausse de 27,3 % en 2025
Les participants ont également mis en avant plusieurs avancées enregistrées ces dernières années en matière d’attractivité économique.
Le stock d’investissements directs étrangers (IDE) a notamment progressé de 27,3 % en 2025, pour atteindre 2 063 millions de dollars.
Le développement de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) figure également parmi les initiatives mises en avant, aux côtés de la modernisation des procédures douanières et foncières.
Ces réformes visent notamment à renforcer la sécurité juridique des investissements, à simplifier les démarches administratives et à améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Pour les autorités, ces avancées doivent désormais être consolidées afin d’attirer des investissements privés plus importants et davantage orientés vers les secteurs productifs et les chaînes de valeur locales.
Le gouvernement veut faire du privé un partenaire stratégique
À l’occasion de la rencontre, Sandra Ablamba Johnson a réaffirmé l’engagement du gouvernement à faire du secteur privé un partenaire central de la transformation économique.
Elle a notamment rappelé l’existence de plusieurs mécanismes de dialogue entre l’État et les opérateurs économiques, dont la Cellule climat des affaires et le Cadre de concertation État-secteur privé.
L’objectif est de renforcer ces dispositifs afin de mieux identifier les contraintes auxquelles sont confrontées les entreprises et d’accélérer la mise en œuvre des réformes prioritaires.
La Ministre, Secrétaire général de la Présidence du Conseil a également salué l’accompagnement du Groupe de la Banque mondiale, des partenaires techniques et financiers et des acteurs privés dans l’élaboration de la Vision 2040 et dans la conduite des réformes économiques.
Agro-industrie, énergie et logistique parmi les secteurs prioritaires
Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs considérés comme stratégiques pour la transformation de l’économie togolaise.
Les travaux sectoriels ont notamment ciblé l’agro-industrie, la logistique et le transport ainsi que l’énergie.
Ces secteurs présentent un potentiel important pour renforcer la transformation locale des matières premières, développer les chaînes de valeur nationales et améliorer la compétitivité du pays.
Les discussions ont également mis l’accent sur la mobilisation d’investissements privés structurants et le développement des partenariats public-privé.
La définition d’engagements réciproques entre l’État et les opérateurs économiques a également été identifiée comme un levier essentiel pour créer un cadre plus efficace de collaboration.
Des expériences internationales pour accélérer les réformes
Les sessions plénières ont été enrichies par des partages d’expérience d’experts internationaux, notamment venus du Maroc et de Maurice.
Ces échanges ont porté sur les mécanismes permettant de mieux mobiliser le secteur privé autour des secteurs stratégiques et de créer les conditions favorables à l’investissement.
L’objectif était de tirer des enseignements d’expériences étrangères afin d’identifier les leviers susceptibles d’être adaptés au contexte togolais.
Les organisations patronales ont, de leur côté, participé à une réflexion avec le gouvernement sur le renforcement du dialogue public-privé et la consolidation des mécanismes de concertation existants.
Le secteur privé promet d’accroître ses investissements
À l’issue des échanges, plusieurs défis ont été identifiés, tandis que des propositions de réformes prioritaires et des résultats mesurables à court et moyen terme ont été définis.
Le secteur privé a également exprimé sa volonté de renforcer sa contribution à la réalisation des ambitions de la Vision Togo 2040 et de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031.
L’engagement porte notamment sur une hausse des investissements dans des secteurs jugés prioritaires.
« Le secteur privé s’engage à accroître significativement ses investissements dans les secteurs prioritaires que sont l’industrie, l’agro-industrie, les infrastructures, la logistique, l’énergie, le numérique, les services à forte valeur ajoutée », a déclaré Charles Kokouvi Gafan, Président de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET).
Cette orientation vise notamment à accélérer la transformation locale des matières premières, à renforcer les chaînes de valeur nationales et à promouvoir une croissance davantage fondée sur l’innovation et la compétitivité.
La Banque mondiale réaffirme son soutien au Togo
Intervenant au nom du Groupe de la Banque mondiale, Nathalie Kouassi Akon a salué la qualité du partenariat stratégique établi avec le Togo.
La Directrice de la Division Golfe de Guinée de la Société financière internationale a réaffirmé la volonté de son institution d’accompagner les réformes visant à renforcer le dynamisme du secteur privé, la création d’emplois et la production de valeur ajoutée.
« Je remercie le Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, pour l’opportunité offerte au Groupe de la Banque mondiale d’appuyer le gouvernement du Togo dans son processus de réflexion stratégique autour de la réalisation de la Vision 2040 », a-t-elle déclaré.
Le soutien du Groupe de la Banque mondiale devrait notamment contribuer à accompagner les réformes et les initiatives destinées à renforcer l’attractivité du pays et à favoriser le développement d’un secteur privé plus dynamique.
Le pari d’une croissance davantage tirée par l’investissement privé
À travers ce « Deep Dive », le gouvernement togolais entend ainsi franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation économique.
Le message porté lors de la rencontre est clair : la réalisation des ambitions de la Vision Togo 2040 nécessitera une mobilisation accrue des capitaux privés, une amélioration continue du climat des affaires et une coopération plus étroite entre l’État et les entreprises.
Le défi sera désormais de traduire les engagements pris en investissements concrets, en emplois de qualité et en gains de compétitivité.
En plaçant le secteur privé au cœur de sa stratégie, le Togo mise sur une croissance davantage portée par l’investissement productif, la transformation locale et l’innovation. Une orientation qui devra permettre au pays de renforcer ses chaînes de valeur, de mieux valoriser ses atouts stratégiques et de progresser vers les objectifs économiques et sociaux fixés à l’horizon 2040.







