Au Togo, le coton – surnommé « or blanc » – reste un pilier de l’économie nationale. Pourtant, les producteurs font face à une précarité grandissante, malgré leur participation au capital de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) à hauteur de 25 %, soit 6,4 milliards FCFA.
En seulement quatre ans, l’effectif des cotonculteurs est passé de 111 000 producteurs en 2020-2021 à 76 000 en 2024-2026, soit une baisse de 30 %.
OLAM et la NSCT sous le feu des critiques
Depuis la prise de contrôle de la NSCT par la multinationale OLAM en 2020, l’engouement des producteurs s’est effrité. Selon la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC), les promesses d’amélioration des conditions de travail et de rémunération n’ont pas été tenues.
Les points de tension incluent :
Le non-versement de créances dues à la FNGPC COOP-CA ;
L’absence de dividendes pour les producteurs ;
La révision contestée du mécanisme de fixation du prix du coton graine ;
Des données de production jugées falsifiées ;
Le manque de soutien financier aux organisations de producteurs.
En mars dernier, ces différends ont conduit la FNGPC à suspendre ses relations avec la direction de la NSCT. La crise a été temporairement apaisée en mai, grâce à une concertation tripartite entre le ministère de l’Agriculture, la NSCT et la FNGPC.
Une campagne 2025-2026 sous pression
Malgré les tensions, la campagne en cours vise une production de 93 500 tonnes sur 110 000 hectares, pour un rendement moyen espéré de 850 kg/ha. Mais les producteurs restent dans le doute, freinés par :
L’irrégularité des pluies lors des semis ;
Les attaques persistantes de ravageurs ;
La mauvaise qualité des semences.
Pour Koussouwè Kouroufei, président de la FNGPC COOP-CA, l’urgence est double :
Améliorer les revenus des producteurs ;
Adapter la production aux réalités du changement climatique.
Une filière à reconstruire
Le coton togolais est à un tournant : sans réformes profondes et un partenariat plus équitable entre la NSCT, OLAM et les producteurs, le déclin risque de s’accentuer. La survie de cette filière stratégique dépendra autant des décisions économiques que de la capacité à restaurer la confiance entre acteurs.










































