L’agence américaine Standard & Poor’s (S&P) a confirmé, le 30 janvier 2026, les notes souveraines du Congo-Brazzaville à “CCC+” à long terme et “C” à court terme, en devises comme en monnaie locale, avec une perspective stable. Cette décision reflète une amélioration légère de la liquidité après un retour récent sur les marchés financiers internationaux, mais elle reste contrebalancée par des besoins de refinancement importants et un accès limité aux financements domestiques et officiels.
S&P précise qu’un abaissement de la note pourrait intervenir si des tensions de trésorerie compromettaient la capacité de l’État à honorer sa dette commerciale ou si une restructuration était envisagée. À l’inverse, un meilleur accès au financement, une réduction des pressions de liquidité et des progrès en gestion de la dette pourraient soutenir un relèvement de la note.
Une économie toujours dépendante du pétrole et du gaz
L’économie congolaise reste fortement dépendante du pétrole, représentant 50 à 60 % des recettes publiques et 80 % des exportations. La production pétrolière a atteint 270 000 barils par jour en 2025, en hausse de 3 % sur un an, avec des perspectives de croissance modérée à 280 000 barils par jour en 2028 grâce à des projets de compagnies étrangères comme Total, Perenco et Wing Wah.
Dans le gaz, le Congo a exporté environ 400 000 tonnes en 2024. Les projets de ENI et Wing Wah pourraient porter la production à 4,5 millions de tonnes de GNL à l’horizon 2027, contribuant au soutien de la balance commerciale.
Finances publiques et dette
Les besoins de financement de l’État restent élevés, avec des échéances de dette en 2026 représentant plus de 10 % du PIB. La collecte fiscale, en hausse de près de 50 % depuis 2022, et la mise en place d’un système de facturation électronique certifié permettront de renforcer la TVA et l’impôt sur les sociétés dès 2027.
Malgré ces mesures, la dette publique reste élevée par rapport aux pays comparables, avec un ratio de dette nette sur actifs liquides attendu à 76 % du PIB en 2028, contre 89 % fin 2025. Le service de la dette représente plus de 10 % du PIB et près de la moitié des recettes budgétaires, en raison d’un encours régional à court terme élevé et de deux euro-obligations, dont une émise fin 2025 avec un coupon de 9,8 %.
Perspectives économiques
S&P prévoit une croissance du PIB d’environ 3 % par an, portée par le pétrole, le gaz et l’activité hors pétrole estimée à 3,5 %. La consommation privée, les investissements miniers et les exportations de GNL devraient soutenir l’activité, tandis que la stabilité de la note demeure conditionnée à la maîtrise des besoins de financement et à la diversification économique.







