L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note de défaut émetteur à long terme en devises étrangères (IDR) de la République du Congo à « CCC+ », traduisant les défis économiques persistants auxquels le pays fait face. Cette note reflète un endettement élevé, des besoins de financement importants, une forte dépendance aux revenus pétroliers et une gestion budgétaire fragile.
Depuis 2016 et 2017, le Congo a connu plusieurs défauts de paiement sur son euro-obligation et a été contraint de restructurer sa dette extérieure en 2022. En octobre 2024, le gouvernement a également échangé 53 % de ses obligations domestiques afin de reporter les échéances de remboursement, une opération qualifiée par Fitch d’échange de dettes en difficulté (DDE).
Malgré cet échange, les besoins de financement bruts restent élevés, atteignant 13,7 % du PIB en 2025 et 12,2 % en 2026, contre 11,5 % en 2024. Le resserrement du marché régional de la CEMAC réduit la capacité du pays à lever des fonds, limitant la flexibilité budgétaire.
Fitch estime que l’excédent budgétaire a atteint 2,7 % du PIB en 2024, principalement grâce aux réformes fiscales et à la réduction des investissements publics. Cependant, la baisse des recettes pétrolières, qui représentent près de 14,1 % du PIB, limite la capacité de stabilisation des finances publiques.
La dette publique, bien qu’en recul, reste élevée à 89,6 % du PIB en 2024, et devrait atteindre 82,4 % en 2026. Ce niveau demeure nettement supérieur à la médiane des pays notés « B » et « C ».
La croissance économique du Congo est estimée à 2,1 % en 2024, avec une prévision de 2,8 % pour 2025-2026. Malgré des avancées dans les secteurs non pétroliers, les problèmes techniques dans l’industrie pétrolière pèsent sur la reprise économique.
L’élection présidentielle d’avril 2026 pourrait également créer des incertitudes, notamment en raison de l’absence d’un plan de succession clair pour le président Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 1997.
Fitch souligne que le Congo pourrait améliorer sa notation en réduisant durablement sa dette, en améliorant la gestion des finances publiques et en augmentant ses réserves internationales.
Toutefois, une nouvelle pression financière, une baisse brutale des revenus pétroliers ou une incapacité à stabiliser la dette pourraient entraîner une dégradation supplémentaire.
Malgré un cadre budgétaire relativement stabilisé, les incertitudes économiques et politiques continuent de fragiliser la situation financière du pays.









































