Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a tourné une nouvelle page de son histoire avec l’investiture de son neuvième président, M. Sidi Ould Tah. La cérémonie solennelle, organisée à Abidjan en présence des présidents ivoirien Alassane Ouattara et mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a réuni d’anciens dirigeants de l’institution, des membres du Conseil des gouverneurs, du personnel, ainsi que des personnalités internationales de premier plan.
Élu le 29 mai dernier avec plus de 76 % des voix, un score sans précédent pour un premier mandat, M. Tah a immédiatement affirmé sa volonté de placer son mandat sous le signe de la réforme et du partenariat. Dans son discours d’investiture, il a promis une Banque « attentive, réactive et capable de fixer les priorités qui comptent », tout en insistant sur la nécessité de bâtir des ponts entre les régions, entre le secteur public et le privé, et entre l’urgence et la bureaucratie.
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Le nouveau président a mis en avant une vision ambitieuse pour l’institution, axée sur l’écoute des besoins du continent, la modernisation des pratiques internes, le renforcement des partenariats stratégiques et l’accélération des solutions concrètes. Il a notamment souligné que la Banque devait travailler main dans la main avec les gouvernements, les acteurs privés et les partenaires internationaux afin de créer un cadre financier pensé par et pour l’Afrique. Tout en saluant la présence de ses partenaires historiques, il a ouvert la voie à une coopération élargie avec de nouveaux acteurs tels que les fonds souverains et les fonds de pension, et a annoncé son intention d’intégrer un pilier consacré à l’investissement pour la paix.
Cette nouvelle orientation s’appuie sur l’expérience solide de M. Tah. Ancien président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), il a mené une transformation profonde de cette institution, doublant ses actifs et améliorant sa notation de crédit au plus haut niveau. Son parcours est également marqué par plusieurs années à la tête du ministère mauritanien de l’Économie et des Finances et par des responsabilités internationales au sein de la Banque mondiale et de la Banque islamique de développement.
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La BAD, forte d’un capital de 318 milliards de dollars et auréolée d’une notation AAA maintenue depuis dix ans, s’apprête donc à entrer dans une nouvelle phase. Au cours de la dernière décennie, elle a financé pour 102 milliards de dollars de projets en faveur du développement du continent. En prenant ses fonctions, Sidi Ould Tah hérite d’une institution solide, respectée et en pleine expansion, mais confrontée à des défis majeurs liés à la démographie, à la transition climatique et à l’innovation technologique. Sa présidence s’annonce comme une étape décisive dans la consolidation du rôle de la Banque africaine de développement en tant que pilier incontournable du progrès économique et social en Afrique.










































