La situation financière du Sénégal se détériore davantage. Le 27 mars 2026, S&P Global Ratings a abaissé la note souveraine du pays de B- à CCC+, avec une perspective négative, signalant une montée des risques sur la capacité de l’État à honorer ses engagements financiers.
Des besoins de financement sous pression
Selon l’agence, les besoins de financement brut du Sénégal devraient rester particulièrement élevés, entre 26 % et 29 % du PIB en 2026. Cette situation rend l’accès aux marchés financiers plus difficile et plus coûteux pour le pays.
S&P met en avant un facteur clé de cette dégradation : l’absence de progrès concrets dans la mobilisation de financements multilatéraux et bilatéraux à faible coût, essentiels pour faire face aux échéances immédiates.
Une dégradation continue depuis 2025
Cette décision s’inscrit dans une dynamique négative amorcée début 2025, après un audit des finances publiques ayant révélé un niveau d’endettement supérieur aux estimations initiales.
En l’espace d’un an, la note du Sénégal a chuté de B+ à CCC+, traduisant une détérioration marquée de la position de liquidité de l’État et une fragilisation de sa signature souveraine.
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Moody’s confirme la tendance baissière
L’agence Moody’s a également revu à la baisse la notation du Sénégal, passant de B1 à Caa1 en octobre 2025.
Cette décision reposait sur des inquiétudes liées à :
- l’incertitude sur la trajectoire d’assainissement budgétaire,
- la hausse rapide du service de la dette.
Des réformes encore jugées incertaines
Face à ces dégradations successives, les autorités sénégalaises tentent de restaurer la confiance des investisseurs à travers le budget 2026.
Toutefois, S&P souligne que la mise en œuvre de ces réformes reste incertaine. Les risques d’exécution budgétaire demeurent élevés, dans un contexte de conditions de financement de plus en plus contraignantes, notamment sur le marché régional.
L’urgence d’un accord avec le FMI
Dans ce contexte, la conclusion rapide d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international apparaît comme un facteur déterminant pour stabiliser la situation financière du pays.
À défaut, le Sénégal resterait exposé à une vulnérabilité critique. Selon S&P, le pays se situe désormais dans une catégorie où la capacité à honorer ses engagements dépend fortement de conditions économiques et financières favorables, qui ne sont pas encore réunies.
Un signal fort pour les investisseurs
Cette nouvelle dégradation envoie un signal clair aux investisseurs internationaux : le profil de risque du Sénégal s’est nettement accru.
La capacité du pays à inverser cette tendance dépendra désormais de sa faculté à restaurer la confiance, mobiliser des financements concessionnels et mettre en œuvre efficacement ses réformes budgétaires.







