Industries extractives : le Sénégal active sa participation de 10 % et renforce ses revenus miniers
L’État du Sénégal accélère la mise en œuvre de sa stratégie de participation dans les entreprises du secteur extractif. En appliquant une disposition prévue par son Code minier, le gouvernement a pris possession de 10 % du capital de la filiale sénégalaise de Dangote Cement, une décision qui marque une étape importante dans la politique de valorisation des ressources nationales.
Cette participation permettra aux autorités d’accroître leurs revenus dans l’industrie extractive sans introduire de nouvelles taxes, tout en renforçant l’ancrage local des investissements.
Une disposition du Code minier enfin appliquée
La mesure, adoptée en mai 2025 mais rendue publique plus récemment, s’appuie sur une règle introduite sous la présidence de Abdoulaye Wade. Celle-ci prévoit que l’État sénégalais détienne une participation gratuite de 10 % dans les sociétés opérant dans les secteurs miniers et extractifs.
Cette règle vise à garantir que l’exploitation des ressources naturelles profite directement à l’économie nationale et aux populations locales.
L’information sur la prise de participation dans la cimenterie de Aliko Dangote a été confirmée dans le rapport annuel 2025 du groupe industriel.
L’usine de Pout au cœur de la stratégie
La cimenterie de Dangote au Sénégal est située à Pout, à une cinquantaine de kilomètres de Dakar. Depuis sa mise en service en 2014, elle produit environ 1,5 million de tonnes de ciment par an.
Grâce à cette participation, l’État pourra désormais percevoir des dividendes supplémentaires, en plus des recettes fiscales déjà générées par l’entreprise et ses activités.
Cependant, l’usine a connu un recul de ses revenus l’an dernier, avec une baisse de 21 %, notamment liée au ralentissement du secteur du BTP, après le gel de plusieurs investissements publics dans la construction.
D’autres entreprises pourraient être concernées
La prise de participation dans Dangote Cement pourrait ouvrir la voie à une application plus large de la règle des 10 %. Plusieurs entreprises opérant dans le secteur cimentier ou extractif pourraient être concernées à l’avenir.
Parmi elles figurent notamment :
- Ciments du Sahel,
- Sococim, filiale du groupe français Vicat.
Ces sociétés n’ont pas encore fait l’objet d’une demande officielle de participation de la part de l’État, malgré un niveau de production souvent supérieur à celui de Dangote.
Une stratégie pour renforcer les finances publiques
Cette politique s’inscrit dans un contexte où le gouvernement cherche à diversifier ses sources de revenus et à optimiser les retombées de l’exploitation des ressources naturelles.
La gestion de ces participations est assurée par la Société des Mines du Sénégal (Somisen), chargée de représenter l’État dans les projets miniers.
Récemment, cette structure s’est félicitée de la hausse des dividendes perçus par l’État, notamment après le versement d’un milliard de FCFA de dividendes par la Compagnie générale des mines, filiale du groupe français Eramet.
Pour les autorités sénégalaises, cette stratégie pourrait devenir un levier durable pour renforcer les finances publiques tout en consolidant la souveraineté économique du pays.







