Sénégal : vers la suppression de 19 sociétés publiques pour moderniser le secteur parapublic
Le Premier Ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a annoncé ce 4 mars 2026 la suppression de dix-neuf (19) entités du secteur parapublic, dans le cadre des mesures conservatoires et correctives visant à renforcer la transparence et la bonne gouvernance des affaires publiques.
Une rationalisation nécessaire
Cette décision s’inscrit dans la logique de modernisation de l’Administration, de réduction du train de vie de l’État et de maîtrise des dépenses publiques.
En 2025, ces entités bénéficiaient de dotations budgétaires cumulées de 28,051 milliards FCFA, avec une masse salariale de 9,227 milliards FCFA pour 982 agents, et une dette globale de 2,6 milliards FCFA au 31 décembre 2024.
Repositionnement de dix entités
Selon le Premier Ministre, le repositionnement de dix (10) autres entités permettra :
- la redéfinition des modèles d’intervention ;
- une réaffirmation claire de leurs missions ;
- la révision ou actualisation du cadre juridique et de la doctrine d’investissement.
Cette initiative fait suite à une question d’actualité soulevée à l’Assemblée nationale le 21 février 2026.
Un plan de rationalisation structuré
Un Groupe de travail a été mis en place pour proposer un Plan de rationalisation du secteur parapublic, en :
- identifiant les chevauchements de missions ;
- mettant en lumière les synergies possibles ;
- soulignant les attributions similaires exercées par l’Administration ;
- proposant des repositionnements pertinents.
L’opération devrait permettre une optimisation de l’organisation et générer une économie budgétaire nette estimée à 55 milliards FCFA sur les trois prochaines années.
Mesures sociales et patrimoniales
Le Premier Ministre a insisté sur la gestion sociale du processus, notamment :
- le redéploiement du personnel ;
- la gestion des contentieux ;
- la dévolution du patrimoine des sociétés supprimées.
Un comité interministériel sera prochainement mis en place pour piloter le Plan de rationalisation et veiller à sa mise en œuvre effective.
Gouvernance et contrôle renforcés
Le Plan prévoit également une amélioration de la gouvernance du secteur parapublic, avec un accent sur :
- la maîtrise des salaires et effectifs ;
- l’harmonisation des grilles de rémunération ;
- l’utilisation optimale des crédits budgétaires ;
- l’actualisation du classement des structures ;
- le renforcement du contrôle et de l’évaluation ;
- la formation et la capacitation des acteurs.
Le Ministre des Finances et du Budget, en collaboration avec le Secrétaire général du Gouvernement, sera chargé de doter la Commission d’Évaluation des Agences d’exécution et le Comité de Suivi du Secteur parapublic des ressources nécessaires pour assurer leur fonctionnement optimal.
Cette mesure traduit la volonté du gouvernement sénégalais de rationaliser le secteur parapublic, d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques et de renforcer la transparence dans la gestion des affaires de l’État.







