Tchad : les industries extractives, levier clé de la Vision 2030
Les industries extractives au Tchad occupent désormais une place centrale dans la stratégie de développement du pays. Cette orientation a été réaffirmée lors de l’ouverture officielle de la première édition du Salon international des mines, des carrières et des hydrocarbures du Tchad (SEMICA), mardi à N’Djaména, sous la présidence du Premier ministre, Allah Maye Halina.
Prévu jusqu’au 23 janvier 2026, le SEMICA réunit responsables publics, opérateurs privés et partenaires internationaux autour des enjeux économiques, industriels et géopolitiques du secteur extractif. Placée sous le thème « Industries extractives : relever les défis de la Vision 2030 », cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan national de développement Tchad Connexion 2030, qui ambitionne de faire des ressources naturelles un moteur de souveraineté, de transformation économique et de cohésion sociale.
À l’ouverture des travaux, la ministre du Pétrole, des Mines et de la Géologie, Ndolenodji Alixe Naimbaye, a souligné l’impératif d’une gouvernance nationale renforcée du secteur.
« La souveraineté sur nos mines, nos carrières et nos hydrocarbures n’est pas un slogan, mais une exigence politique et une condition du développement durable », a-t-elle affirmé.
Le sous-sol tchadien présente un potentiel minier diversifié, comprenant notamment de l’or majoritairement exploité de manière artisanale, de l’antimoine, des indices d’uranium, du natron, du calcaire, de l’argile, du quartz, du sel, du gypse ainsi que plusieurs métaux stratégiques. Malgré ces ressources, le secteur reste marqué par une faible industrialisation et une prédominance de l’exploitation artisanale, limitant les retombées économiques locales.
Le pétrole, quant à lui, demeure le pilier de l’économie tchadienne et la principale source de recettes d’exportation. Exploité commercialement depuis 2003, il provient principalement des bassins de Doba, est acheminé via l’oléoduc Tchad–Cameroun jusqu’au port de Kribi et transformé localement par la raffinerie de Djermaya, qui alimente le marché intérieur.
Selon les autorités, la réussite de la Vision 2030 passe par une rupture avec les modèles extractifs peu intégrateurs. L’objectif est de créer davantage de valeur ajoutée sur place, de structurer des chaînes de valeur nationales, de favoriser le transfert de compétences et de technologies, et d’améliorer l’impact social du secteur.
Dans cette perspective, le gouvernement tchadien a engagé plusieurs réformes juridiques et institutionnelles visant à renforcer la souveraineté de l’État, sécuriser l’environnement des investissements, promouvoir des partenariats plus équilibrés et garantir des retombées économiques durables pour les zones productrices.
Clôturant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre Allah Maye Halina a invité les participants à formuler des recommandations concrètes, notamment en matière de diversification des recherches minières et d’identification des minéraux stratégiques. La présence de plusieurs ministres africains en charge de l’énergie et des mines illustre l’intérêt régional croissant pour le SEMICA et les ambitions extractives du Tchad.







